Les affirmations de Stéphane Martin « Bordeaux s’est renforcé au mercato » « On peut jouer la troisième place » « Bordeaux peut être la surprise »  … paraissent bien surréalistes après l’humiliation de l’élimination par les hongrois de Vidéoton, illustres inconnus de la scène européenne, lors du 3ème tour préliminaire de la Ligue Europa, donnant accès aux barrages permettant eux-même d’accéder aux phases de poule. Effectivement, la surprise est là, mais pas celle à laquelle aspiraient les supporters.

Oui, on est bien loin des prestigieuses joutes européennes avec les plus grand clubs continentaux qui ont jalonné l’histoire des Girondins. Triaud est parti, Martin est arrivé et les Girondins démarrent encore piteusement leur saison 2017-2018 avec une élimination par un club de joueurs de niveau L2 (cf. la carrière du Français de Vidéoton, Loic Nego).

Et si l’on veut positiver un peu, on se dira qu’il vaut mieux quitter cette compétition en faisant 1-0 face à Vidéoton qu’en prendre 6 au Zenith ou à Bilbao … Ceci dit, n’oublions pas que la participation des Girondins à ces barrages est essentiellement dûe au carton plein du PSG qui a libéré une place supplémentaire dévolue au 6eme de L1. Et qu’au final, Bordeaux n’avait rien à faire en Europa League.

Stephane MARTIN

Les déclaration fracassantes de Martin au début de l’été et l’engouement un peu béat autour de Gourvennec ont occulté plusieurs point importants, qui expliquent en grande partie le naufrage bordelais de ce début de saison.

  • Martin a mission de rétablir l’équilibre financier du club. Résultat : à ce jour 12 joueurs ont quitté le club au mercato pour 22 ME d’indemnités de transfert et approx. 5ME de masse salariale contre 5 recrutements payés 11 ME. Numériquement et sportivement, au 4 août 2017, indiscutablement l’équipe est plus faible que l’an dernier.
  • Gourvennec fait le pari de faire jouer Toulalan titulaire en défense centrale. A l’arrivée, avec Lewczuk, cette charnière est dépassée dans tous les registres : vitesse, duels au sol et dans les airs, relance …
  • Avoir laissé partir Pallois, meilleur DC de l’effectif, sur des prétextes discutables et surtout ne pas l’avoir remplacé
  • Avoir laissé partir Ounas, le meilleur espoir du club au seul motif de sa « grosse » indemnité de transfert (10 ME) qui permet de combler le déficit prévisionnel du club.
  • Etre incapable de vendre correctement Rolan et n’avoir toujours pas recruté un 9 capable de garantir 12-14 buts par saison
  • Persister dans des recrutements de joueurs à 2 ou 3 ME et s’étonner qu’ils n’aient pas le niveau continental.
  • Persister dans des recrutement de sud-américains inconnus qui mettent 2 ans à s’adapter pour au final les prêter ou les laisser sur le banc (Pablo, Arambarri, Mancini …)
  • Persister dans des recrutements ou des prolongations de vétérans aux prestations devenant pathétiques (Toulalan, Plasil)

Gourvennec est peut-être un bon coach. Mais il ne l’a pas encore montré ni fait mieux que ses prédécesseurs. Ses recrutements n’ont pas fait mouche, son coaching apparaît souvent discutable, sa langue de bois est aussi épaisse que celle de Triaud, ses choix sportifs (départs d’Ounas, Crivelli, Sala, Pallois …) apparaissent clairement contestables.

Ulrich RAME

A coté de celà, l’effet Ulrich Ramé « grand coordinateur global du domaine sportif » depuis 2 ans n’est guère plus convaincant, avec essentiellement à son actif le psychodrame Prior / Carrasso. A sa décharge, si pour recruter il n’a que 10 ME en tout et pour tout, c’est effectivement compliqué.

Enfin, aujourd’hui on lit les réactions policées de Martin et de Gourvennec qui expliquent que l’élimination en tour préliminaire pré-barrages ce n’est pas grave, qu’il ne faut pas charger les joueurs, qu’il faut regarder devant, que le niveau de l’équipe n’est pas en cause (ah bon ?) …

Pas certain que Claude Bez aurait réagit comme ça …

A Bordeaux, depuis 8 ans, chaque saison apparaît comme une énième récapitulation de la précédente :

  • Une absence criante de cash pour recruter
  • Un recrutement qui se veut « malin » mais qui est avant tout « lowcost »
  • Des « coups » qui font « flop » (Ménez, Faubert, Toulalan, Chantôme, Debuchy …)
  • Une « filière » sud-américaine qui ne donne pas les résultats escomptés
  • La vente systématique des joueurs décisifs (Ounas, Khazri …) dès qu’ils valent quelques millions
  • De la langue de bois à tous les étages