Les masques sont donc tombés, grâce au quotidien Sud-Ouest qui a révélé ce jour un secret de polichinelle : Les Girondins de Bordeaux sont bels et bien en vente et _fait nouveau_ des discussions sérieuses sont en cours avec un groupe américain.

Flashback sur le serpent de mer de la vente des Girondins :

2014 :

Les rumeurs selon lesquels M6 cherche à vendre les Girondins se multiplient. On entend successivement parler de Éric Besson, l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy, d’investisseurs chinois ou émiratis, mais sans autres éléments. Tavernost dément toute intention de vendre le club

2015 :

Une première annonce tangible voit le jour : l’homme d’affaires indien Mehul Thakur aurait fait parvenir une lettre d’intention à la banque Rothschild, qui possèderai un mandat de vente pour les Girondins de Bordeaux. Un autre nom est cité, celui de Sébastien Proto, associé-gérant de la banque d’affaires et accessoirement conseiller de Nicolas Sarkozy, qui serait en charge du dossier.

Interrogé Nicolas de Tavernost ironise : « Quand la banque Rothschild a une idée, elle nous appelle. Nous ne sommes pas fermés aux discussions, mais il n’y a aucune négociation. » 

Il n’y aura pas de suite avec l’homme d’affaire indien, mais l’on apprend donc qu’un mandat de vente aurait été donné à une banque d’affaires. Et Tavernost a changé son fusil d’épaule puisqu’il admet ne pas être fermé aux discussion

2016 :

Cette fois-ci, c’est au milliardaire chinois Jack Ma que l’on prête la volonté de racheter les Girondins, après qu’il ai acheté deux vignobles dans la région … et le club de Guangzhou Evergrande (en injectant près de 140 M€). Et si la rumeur Jack Ma s’est avérée infondée, les Girondins ont bel et bien négocié en 2016 avec un autre investisseur chinois, avant de renoncer.

Les discussions pour la cession du club sont restées actives et le discours de Tavernost devient un peu plus précis « Des gens viennent nous voir, nous les écoutons mais nous ne donnerons suite que si le projet nous parait séduisant »

Nicolas de Tavernost

2017 :

En septembre 2017, lors d’une interview sur RMC, Tavernost lâche : « On a bien eu des contacts avec Frank McCourt (qui a racheté l’OM) et Gérard Lopez (qui a racheté le LOSC). Des contacts partiels, et on n’a pas souhaité les poursuivre plus longtemps ».

Pour quelqu’un qui ne veut pas vendre, Tavernost est tout de même très actif et reçoit beaucoup de gens désireux d’investir dans le foot.

Et pourtant, rien ne se fait …

La version officielle de Tavernost c’est « On n’a pas donné suite parce qu’on a considéré qu’ils ne donneraient pas les moyens financiers au club pour se développer. Nous ne cherchons pas à partir, nous tenons à ce que Bordeaux tienne son rang. On doit être dans les quatre poursuivants du PSG et de Monaco ».

Officieusement, la raison est toute autre : M6 est gourmand, très gourmand au niveau du prix. On entend dire que M6 demande 80 ME… C’est vrai que M6 voudrait bien récupérer toutes les liquidités englouties depuis 2010 et pour le Matmut Atlantique… Un tarif qui parait très élevé au regard du prix payé par McCourt pour l’OM (50 ME + dettes) ou Lopez pour Lille (45 ME + dettes)

2018 :

Le 4 mars, l’excellent @girondinfos lâche un pavé dans la mare : des investisseurs américains assistent au match Bordeaux – Nice aux cotés de Nicolas de Tavernost.
Le 14 mars, c’est le magazine Challenges qui livre une info en entrefilet : Les girondins sont à vendre, prix plancher : 70 ME
Le 18 mars, Sud-Ouest officialise des négociations avec des investisseurs américains, et cite notamment le nom d’un des investisseurs potentiels, Joseph DaGrosa du fond d’investissement 1848 Capital Partners, à Miami.

Les masques sont tombés… les Girondins de Bordeaux sont bel et bien en vente.

Joe DaGrosa et 1848 Capital Partners

DaGrosa aurait été conquis « par le potentiel de développement marketing des Girondins et la situation économique saine du club ». Une dernière information un peu étonnante pour un club en situation de déficit chronique depuis 8 saisons et qui n’atteindra pas ses objectifs 2017-2018 … mais accordons lui qu’il n’y a pas de dettes.

Joseph DaGrosa

photo South Florida Business Journal

Les investisseurs américains souhaiteraient s’inspirer du modèle des franchises américaines (NBA, NFL ou NHL) pour développer le merchandising autour des Girondins et auraient pesé dans le choix du remplaçant de Gourvennec, en insistant sur le choix d’un Sud-Américain « pour développer des activités dans cette partie du monde« .

La grande question est de savoir si DaGrosa et son fond d’investissement « 1848 Capital Partners » ne sont qu’une partie du tour de table ou si ils amènent d’autres investisseurs significatifs. En clair, ont-ils les reins assez solides ? Admettons simplement qu’ils sont de parfaits inconnus et que la « trace » de leurs activités est très très très discrète : un site internet minimaliste et c’est tout…

Joseph DaGrosa (53 ans) semble avoir accumulé trois décennies d’expérience dans le secteur du capital-investissement, fondant MapleWood Partners, Beaconsfield Capital, Core Value Partners, 1848 Capital Partners et plus récemment General American Capital Partners.

McCourt, qui selon Tavernost n’apportait pas suffisamment de garanties, avait une activité industrielle incontestable aux USA.  Et par contre, on a tous aussi en mémoire le rachat avorté de l’OM par Jack Kachkar, en 2007 …