En vendant en novembre 2018 les Girondins de Bordeaux pour 101 millions d’euros au consortium américain de Joe Da Grosa, M6 fait une très belle affaire. Certains évoquent même le terme de « casse du siècle » …

Avec le recul, les langues se délient. Derrière la communication officielle de Nicolas de Tavernost « Nous ne vendrons le club qu’à un acheteur qui garantisse le standing du club », les exigences de M6 semblent avoir été avant tout de tirer le meilleur prix possible du club.

Au final, on a appris que le candidats au rachat ont été nombreux depuis 2015 : Franck McCourt, Gérard Lopez, le groupe Chinois Fosun (avec Zidane), l’homme d’affaires indien Mehul Thakur et un autre groupe chinois dont le nom n’a pas filtré. Tous ont caressé l’espoir de racheter les Girondins. Tous ont été éconduits par M6.

Car M6 est gourmand, très gourmand au niveau du prix. On entend dire que M6 demande 80 ME… Un tarif qui parait très élevé au regard du prix payé par McCourt pour l’OM (50 ME + dettes) ou Lopez pour Lille (45 ME + dettes). Sans oublier le PSG payé 100 ME par QSI. Aujourd’hui, les informations financières de M6 lèvent le rideau sur la prix de vente définitif du club : ce n’est pas 80 mais 101 millions d’Euros que M6 a récupéré avec la vente des Girondins, auxquels on peut ajouter l’excédent d’exploitation de 2.4 ME de l’exercice 2018. Une nouvelle saluée par une hause de près de 6% de l’action M6 en bourse le jour de l’annonce de la cession.

Da Grosa, Varela, Longuepee
Da Grosa, Varela, Longuepee

Un TRES beau prix, pour un club certes avec une belle histoire et un beau nom, mais à l’image et au bilan sportif faméliques depuis de nombreuses années et un actif joueurs plus qu’incertain. Il semble évident que Joe Da Grosa ne souhaitait pas mettre autant dans le ticket d’entrée : souvenons nous de tous les mois de négociations et de tous les reports de la finalisation de la vente). Il aurait assurément préféré garder une partie de son investissement pour reconstruire le club plutôt que tout mettre dans l’achat du club. Mais Tavernost a été totalement intransigeant face à un investisseur aussi motivé qu’un ado qui va acheter sa première voiture…

Selon l’Express, pour beaucoup de ses proches, de Tavernost est un âpre négociateur, qui obtient toujours ce qu’il veut.

Et DaGrosa a tout accepté. Même la délicate attention de M6 qui a limogé Poyet fin août, laissant le soin aux nouveaux propriétaire de négocier et régler ses indemnités (1.4 ME) en décembre, un mois après la vente. Joe DaGrosa a même confié que « Cela aurait potentiellement pu remettre en cause l’acquisition du club ».

Tavernost clamait son « attachement » au club et la farouche volonté de choisir un acheteur permettant de « garantir le standing du club ».

Aujourd’hui, il apparait qu’il n’en est rien … le premier budget des Girondins de l’ère GACP sera en net recul par rapport aux deux dernières saisons et le club a déjà annoncé qu’il ne « ferait pas de folies » sur le marché des transferts. Si la volonté de M6 était vraiment de péréniser le club, ils auraient sans doute pû lâcher un peu de lest dans le prix de vente, pour laisser du mou aux nouveaux acquéreurs pour redresser le club. On voit qu’il n’en est rien …

La seule préoccupation de M6 était bel et bien de tirer le meilleur prix possible du club. Peut importe de maintenir « le standing » du club.