Cette saison, Jérémy Toulalan sera titulaire dans la défense centrale bordelaise. Mais la question de savoir si « La Toule » est un numéro 6 ou un véritable défenseur central se pose depuis de nombreuses années, tant en club qu’en sélection…

A Nantes (2001-2006) il fait sa formation en tant que numéro 10 mais il est rapidement repositionné en milieu défensif. Les observateurs de l’époque voient en lui un récupérateur efficace mais également un premier relanceur de qualité avec une vision du jeu et une capacité à sentir les coups aussi bien défensifs qu’offensifs, faisant de lui un des meilleurs français à ce poste.

A Lyon (2006-2011) Toulalan enchaîne les performances de haut niveau et devient indiscutable dans l’entre-jeu des Gones dirigés par Gérard Houllier et il devient l’un des piliers de l’Olympique lyonnais. Il sera désigné capitaine par Alain Perrin lors des absences des autres cadres comme Cris, Juninho ou encore Govou. C’est à cette période qu’il honore ses premières sélections en bleu.

En 2009, Claude Puel lui demande d’occuper occasionnellement le poste de défenseur central en raison des blessures Bodmer, Boumsong et Cris. Et ça fonctionne: il réalise des prestations remarquées chaque fois mais revient au poste de milieu défensif dès que possible, tant l’équipe a besoin de ses talents de récupérateur.

Mais en 2010, les choses se compliquent. Après les intérims convaincants de la saison passée en défense, Puel lui demande d’être le défenseur central gauche de la défense rhôdanienne. Mais la réussite n’est vraiment pas au rendez-vous au point que l’on est en droit de se demander si un retour au milieu n’est pas à envisager. Lors d’un Lorient-Lyon (2-0) Kevin Gameiro va faire vivre un calvaire à Toulalan, ce qui n’échappe pas au sélectionneur de l’époque Laurent Blanc « si Jeremy doit revenir en équipe de France ce sera à son poste actuel, qui est devenu défenseur central. Et j’estime qu’à ce poste là à l’heure actuelle il n’est pas incontournable« . Aulas embraye et en recrutant le défenseur central Pape Diakhaté dans les dernières heures du mercato: le président de l’OL envoie un message clair au joueur et à son entraîneur… et Toulalan quittera Lyon à l’issue de la saison 2010-2011

A Malaga (2011-2013) « La Toule » remonte au milieu de terrain. Et rayonne à nouveau. Il est le métronome et le régulateur du milieu de terrain espagnol: au rythme des « Tou, Tou, Toulalan», le public de la Romaleda s’époumone à la gloire de son Français.

Jéremy Toulalan

A Monaco (2013-2016) il est encore utilisé au milieu de terrain. Son expérience, sa lucidité, sa capacité à gérer temps forts et temps faibles de son équipe permettent à Jardim de construire l’équipe que l’on connait.

A Bordeaux, depuis l’été 2016, on connait la suite de l’histoire : une saison 2016-2017 pleine au poste de sentinelle, devant la défence centrale.

C’est avéré, Jérémy Toulalan a toujours été meilleur en tant que milieu défensif qu’en tant que défenseur central, même si il a été l’auteur de piges intéressantes à ce poste. Vitesse, puissance, jaillissement, jeu de tête de premier ordre, telles sont les qualités physiques essentielles d’un défenseur central de premier plan. Et ce ne sont pas les qualités premières de Toulalan. Avec un jeu de tête moyen, il reste également un joueur relativement lent malgré une endurance incroyable. Mais l’endurance est la qualité première d’un milieu de terrain défensif plutôt que celle d’un défenseur central.

Mais « La Toule » aura 34 ans dans 1 mois … et à 34 ans, les courses incessantes au milieu de terrain font plus mal qu’à 25 ans. Avec le temps, l’expérience et le poids des âges, il était logique que Jérémy Toulalan termine sa carrière derrière, à un poste moins exigeant physiquement, comme il l’avait déjà prophétisé en 2010 dans une interview à Libé.

Seulement, tout le monde n’est pas Paulo Maldini et capable de jouer au meilleur niveau jusqu’à 40 ans. Et au vu de ses premières prestations en défense centrale cette saison, la question qui se pose aujourd’hui, c’est de savoir si le Toulalan défenseur central est plus précieux pour les Girondins que le Toulalan milieu défensif. Le débat est loin d’être tranché …