Cet article a plus de 7 années. Il ne concerne pas la saison actuelle. Pensez à le replacer dans son contexte !!!

Dans une interview donnée à Sud-Ouest, Nicolas de Tavernost évoque la situation des Girondins de Bordeaux et les mesures qu’ils compte prendre pour enrayer le début de saison catastrophique qui pourrait emmener Bordeaux en L2 en fin de saison.

Pas de révolution, nous sommes à Bordeaux dans un monde d’amis de 30 ans. Mais au milieu des phrases toutes prêtes à l’emploi et de quelques contre-vérités, Tavernost souffle le chaud et le froid, et il est facile d’y lire des critiques à peine masquées à l’endroit de la direction du club …

Décryptage…

Les premiers mots de l’interview sont les préambules habituels de Tavernost « Ce n’est pas un problème d’argent le club a le cinquième budget de France », histoire de rappeler que l’actionnaire offre un standing satisfaisant au club avant d’asséner « si nous sommes dans les profondeurs du classement, c’est que quelque chose d’autre ne va pas ». Première Lapalissade et première pique envers les « opérationnels » en place : comprenez que si les choses ne vont pas, ce n’est pas la faute du budget, il y a de l’argent à Bordeaux, autant qu’à Lille…

Quand Frédéric LAHARIE lui demande à qui la faute, première pirouette : « Ce n’est pas la faute de Gillot, il sera là en Janvier ». OK, mais ce n’était pas la question posée !!

Vient ensuite la première charge en direction du président « Il faut faire les bons choix sportifs ». Bingo. Voilà enfin les sujets qui fâchent. On en attendait plus, mais après le coup de griffe, on repart dans le verbiage politicien « il faut sortir de la spirale négative » et « On voit les vrais soutiens du club dans les moments compliqués ». Bonjour la langue de bois…

Nicolas de Tavernost et Jean-Louis Triaud

Au moment où Tavernost indique implicitement qu’il mettra la main à la poche pour le mercato d’hiver, nouveau coup de griffe : « L’actionnaire ne devrait pas avoir à remettre de l’argent sur la table alors qu’il a donné au club les moyens de se développer, d’assurer un train de vie de cinquième ». Jean-Louis, si tu nous écoutes …

Frédéric LAHARIE essaye d’enfoncer le clou à ce moment « L’argent est-il mal utilisé à Bordeaux ? » Là, Tavernost charge les lampistes « [Il faut voir] si des choses ne peuvent pas être améliorées dans le fonctionnement du club – la formation, la cellule de recrutement qui a été renforcée cet été – mais ce ne sera pas une remise en cause des dirigeants ». Bon, son copain Jean-Louis restera en place « Il a notre confiance. Il est président et le reste » mais n’oublie pas d’ajouter « Des erreurs ont certainement été commises à l’intérieur du club ». Encore un coup de griffe en direction de la gestion locale du club.

Lorsque le journaliste pose la question du directeur sportif, Tavernost reprend la réthorique de Jean-Louis Triaud « Peu d’exemples démontrent le succès de ce type de structures ». Ah bon ? On se demande donc pourquoi justement l’essentiel des clubs de l’élite européenne s’appuient sur un référent sportif. Et la seule situation actuelle de Bordeaux devrait conduire Tavernost à reconsidérer son point de vue. Si un directeur sportif digne de ce nom avait été présent aux Girondins en 2009, il aurait été improbable que Chalmé, Bellion ou Jussie se voient proposer des contrats à Bordeaux jusqu’à leurs 34 ou 32 ans !

La dernière phrase de l’interview est pour sa part très explicite : « Si les choses ne s’amélioraient pas, nous serions amenés à nous impliquer directement davantage ». Les choses sont donc claires. Triaud n’a pas le droit à l’échec, même si l’on ne sait pas où Tavernost place le curseur (maintien, 1ere moitié du classement, Europa League …) ni le calendrier de cet ultimatum. Il laisse donc explicitement planer la menace d’une reprise en main ferme de la gouvernance du club Bordelais.

En espérant que les décisions soient prises avant qu’il ne soit trop tard…