Cet article a plus de 7 années. Il ne concerne pas la saison actuelle. Pensez à le replacer dans son contexte !!!

Dans une interview donnée au quotidien Le Monde, Nicolas de Tavernost a livré sa vision très tranchée de l’arrivée des Qataris au PSG, et de leur probable impact sur l’ensemble de la L1: « Le statut de Paris était anormal, le club n’avait pas toujours été bien géré. Il fallait mettre du pétrole dans la machine, si j’ose dire. Mais le rachat du PSG est une mauvaise affaire pour les autres grands clubs français parce qu’il leur enlève toute rationalité économique. Par exemple, tous les efforts de Lyon pour être le numéro un du foot français deviennent obsolètes. Les clubs français risquent se devenir la proie des propriétaires étrangers. Ce n’est pas très réjouissant. C’est pour cela que l’on veut s’affranchir de cette situation.[…] Nous demandons qu’il y ait des règles pour rétablir une compétition équitable, sinon le championnat de France sera fortement déstabilisé. ».

Une analyse qui détonne venant du président du directoire de M6 qui est avant tout un capitaine d’industrie aguerri brassant lui aussi plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaire et qui n’a rien à voir avec les « petits » présidents de clubs comme les Fery, Lacombe ou Guyot. Tavernost, c’est un dirigeant/actionnaire du calibre de Seydoux, de Pinault, de Louis-Dreyfuss, pas un vendeur de poulet ou de jeux vidéos qui a réussi. Tavernost reconverti en Mélenchon-like qui prône le contrôle et la régulation du capitalisme, on a failli tomber de notre chaise !

NDT ressort les excuses à deux balles

Si M6 est loin d’avoir les moyens de QSi, l’actionnaire M6 n’a jamais fait du FCGB sa priorité, et a toujours clamé qu’il n’avait pas vocation à perfuser le club pour lui permettre de franchir des paliers sportifs et a toujours insisté pour que les fins de mois soient bouclées.

Nicolas de Tavernost et les qataris

Nous l’avons déjà démontré, les comptes d’exploitation positifs ont toujours été privilégiés à l’ambition sportive. Même à l’heure où le club aurait dû être définitivement pérennisé après le titre de champion de 2009, Bordeaux a refusé de passer la démultipliée et s’est mis tout seul dans le pétrin, voyant le fossé se creuser en quelques mois seulement avec les locomotives du championnat. Maazou, Tigana, Modeste, André, FBK, Sala, Poko … on connait tous la liste des erreurs de casting bordelaises, alors que dans le même temps le Montpellier (sans qataris) du truculent Nicollin allait dénicher Giroud à Tours. On peut aussi rappeler que Kévin Gameiro a longtemps été pressenti en Gironde avant de rejoindre la capitale, à force des tergiversations bordelaises sans fin… Aujourd’hui, Nicolas de Tavernost nous prévient à demi-mots que si Bordeaux n’était plus en mesure de retrouver les sommets dans un futur proche, l’arrivée des pétro-dolalrs y serait pour beaucoup… C’est pas moi c’est l’autre, aucune auto-critique, aucune remise en question et toujours la voie de la facilité pour expliquer que Bordeaux est rentré dans le rang et végète dans le ventre mou après avoir passé plusieurs journées en position de relégable. C’est pas de ma faute…

Des nouvelles règles…c’est-à-dire?

Le président bordelais réclame aujourd’hui des « règles » pour une « compétition équitable », parle de « rationalité économique » sans vraiment aller plus loin et creuser un peu plus son idée… Les règles existent déjà, avec la fameuse DNCG qui fait trembler les dirigeants français à chaque inter-saison, celle qui peut décider de vie ou de mort sur un club professionnel et qui doit être un modèle pour toute l’europe ! Bref, difficile de saisir exactement la vision de Tavernost et les règles dont devrait s’affranchir le PSG. Mais on a retenu que si le foot français va mal, ce sera la faute des Qataris.

L’avenir de M6 aux Girondins ?

M6 souffle continuellement le chaud et le froid à propos de son joujou, un jour « engagé durablement » quand il faut faire financer un stade par des collectivités locales, un jour « il faut réduire la voilure » quand les bénéfices annuels ne sont plus au rendez-vous… le club donne finalement l’impression d’être devenu un fardeau pour M6. Au moindre bruit de couloir lié à une possible vente du club, la chaine tente immédiatement d’éteindre le feu mais le but affiché lors du rachat en 1999 est bel et bien atteint: dans sa stratégie d’entreprise de spectacle et de média, M6 souhaitait se faire une place sur la planète foot, c’est désormais chose faite entre émissions et retransmissions de matchs.

Il va sans dire que si dans les prochaines semaines, un investisseur Qatari, Ukrainien, ou même Turc, Chinois ou Mexicain, mettait quelques dizaines de millions d’euros sur la table, Nicolas de Tavernost serait le premier à refiler le bébé et l’eau du bain à un éventuel acheteur… étranger ou pas.