L’arrivée de Stéphane Martin à la présidence (nous ne dirons pas « à la tête ») des Girondins est une énigme pour beaucoup. Ancien banquier d’affaires en Espagne, rien ne le prédestinait à rejoindre les Girondins, à fortiori en milieu de saison 2016-2017.

Son parachutage à la présidence déléguée du club trouve probablement sa source lors de la séance du 21 février 2017 du Conseil de Surveillance de M6, ayant notamment reconduit Nicolas de Tavernost à la tête du groupe jusqu’en 2020. Mais probablement à la condition expresse de se séparer de Jean-Louis Triaud, dont la gestion impose aux actionnaires de renflouer le club de 7 à 15 millions d’euros tous les ans, depuis 2010.

Donc, exit Triaud, bienvenue à Stéphane Martin, sorti de nulle part …. Si ce dernier est assurément courtois et affable, si sa culture des Girondins est intéressante, il est néanmoins difficile d’affirmer qu’il a marqué de son empreinte le club en un an d’exercice hormis quelques nouveautés, mais essentiellement sur le plan de la communication.

Il faut dire que même si il n’a plus aucune fonction officielle dans l’équipe de direction du club, Jean-Louis Triaud reste omniprésent. Avec la bienveillance de son ami de Science-Po Bordeaux, Nicolas de Tavernost.

Jean Louis Triaud

Image © SoFoot.com

Quand en juillet 2017 il est question de faire venir Paul Baysse, c’est Triaud qui bloque « J’ai refusé de lui prolonger son contrat en 2007, on va pas le faire revenir »

Quand Bordeaux sombre à Caen le 25 novembre 2017, qui s’invite dans le vestiaire ? C’est Jean-Louis Triaud…

Quand le 8 décembre 2017 le virage sud s’enflamme et scande à plusieurs reprises « Gourvennec démission, Gourvennec démission ! » …. c’est Triaud qui va calmer les supporters.

Et en coulisses, Triaud conserve une grande influence auprès des salariés. Normal, c’est lui qui a nommé tous les cadres du club, tous ces « bons gars » qui lui sont redevables de leur place : Stopyra, Lucas, Chalmé, Dogon, Marcelo Vada (père de Valentin) … et au coeur de la section pros : Ramé, Bonalair, Marchioni, Guérit … et Fernando Menegazzo, qui parle de Jean-Louis Triaud comme « d’un père pour lui ».

Triaud n’a plus le titre de président, mais Nicolas de Tavernost le laisse trôner à ses cotés au centre de la tribune présidentielle. Si Martin veut faire une remarque à Tavernost, il repassera. Le voisin qui peut communiquer avec Tavernost pendant le match, c’est  Triaud, et personne d’autre. Une bénédiction évidente qui permet à l’ex-président de rester omniprésent au sein du club et de continuer de tirer, quasiment au grand jour, les ficelles notamment sur le volet sportif.

Tavernost représente M6, le propriétaire des Girondins. Triaud incarne les Girondins.
Martin lui, n’est qu’un salarié du club…. il n’est pas bordelais, il ne fait pas partie du sérail des Girondins depuis 20 ans , il n’est pas copain avec Juppé, il n’est pas copain avec chaque salarié, il n’a pas fait ses études avec l’actionnaire du club…

Alors Stéphane Martin aura déjà réussi à durer une saison entière, là où en 2003 Dominique Imbault n’avait duré que 6 mois 1/2 avant de jeter l’éponge en déclarant  « Il y avait deux capitaines à bord et il est préférable qu’il n’y en ait qu’un seul. Jean-Louis est bordelais, il connaît très bien le club » … Qui à dit que l’histoire se répétait toujours ?