Paulo Sousa est sans doute le meilleur coach que les Girondins aient eu depuis 10 ans. Lors de son passage au CFC, il a séduit le microcosme médiatique avec son charme, sa facilité à parler Français, ses explications techniques, le tout dans un contexte de réussite sportive inattendue pour les Girondins. Mais depuis, les derniers résultats négatifs de l’équipe rebattent un peu les cartes. Bref, Sousa n’en fait-il pas trop ?

Sousa le séducteur

Sousa sait séduire son auditoire. Il est beau gosse, il a un charme dévastateur, la voie de basse est posée et assurée, le sourire ravageur. Il prone un football pétillant d’esthète avec des concepts évolués, comme le 3-4-2-1 qui se transforme en 4-4-2 selon les phases de jeu, le rôle des « pistons » latéraux, les phases défensives etc… évidemment, ce genre de discours volontaire ça change de Kombouaré, Moulin, Dupraz ou Antonetti. Même le snipper Pierre Ménes se déclare « impressionné par la classe de Sousa« 

Sousa l’intello

Il demande à ses joueurs d’être « plus intelligents d’un point de vue tactique que leur adversaire » et se perd souvent dans des envolées conceptuelles que même Gourvennec, malgré son Staps Bac+4, a du mal à expliquer.
Sousa, c’est un staff de 8 adjoints, hors kinés, staff médical ou intendance. Sousa veut tout « analyser », tout « paramétrer », tout « comprendre ». Avec Sousa, les drones survolent les terrains d’entrainement et les ordinateurs tournent à plein régime pour décortiquer tous les paramètres et informations recueillies.
Proner des concepts insondables, c’est aussi une stratégie : sur un malentendu, ça peut marcher. Mais ça donne aussi plein de portes de sorties : les joueurs n’ont pas compris, les joueurs sont pas assez bon pour mettre mes théories en oeuvre, on ne m’a pas donné les joueurs adéquats …

Sousa, l’insatisfait

Les soirs de défaite, il fustige le manque d’intelligence ou le niveau de ses joueurs, et les soirs de victoire il trouve en général toujours un truc à redire ou qui ne lui convenait pas. Sa te pose aussi un coach de pas être content les soirs de victoire, d’être très ambitieux, d’être incompris, de toujours rechercher la perfection ou l’excellence … mais ça manque peut-être parfois d’un peu de modestie.

Sousa ne se remet pas en cause

Parfois, il faut savoir changer d’approche pour ramener quelque chose sur un match. A Marseille, Sousa n’a pas voulu « bétonner » pour tenter de ramener quelquechose du Vélodrome. Et il a demandé de continuer à attaquer en seconde période. Résultat, l’équipe a explosé en vol et n’a ramené qu’une défaite de Marseille. Pire, il a donné la clé à Thierry Laurey/Strasbourg les clés pour s’imposer chez nous : laisser nos attaquants s’épuiser sur une muraille défensive et nous crucifier en contre. Sousa travaille-t-il pour amener Bordeaux au meilleur classement possible ou pour expérimenter ses principes ?

Sousa, c’est cher

Salaire : 3.5 ME bruts annuels hors primes. Le plus gros salaire d’entraineur que Bordeaux ai connu.
Mais Sousa, c’est aussi le salaire de 8 adjoints venus de toute l’Europe. Le staff des Girondins, c’est bien lui qui l’a souhaité et l’a bâti « quand j’ai eu l’opportunité de pouvoir me constituer un staff, j’ai invité [les personnes] les plus intéressantes à venir me rejoindre. »
Dans l’explosion de la masse salariale aux Girondins qui a conduit à l’éviction de GACP, et la situation financière tendue, Paulo Sousa porte AUSSI sa part de responsabilité.

Sousa met la pression aux autres

« Il faut passer aux actes » déclare-t-il après que la nouvelle direction ai communiqué sur l’ambition inchangée du club. Il réclame un mercato d’hiver qui « renforcera l’équipe ». C’est clair et déjà entendu mille fois. La tactique est cousue de fil blanc, alors qu’il SAIT que le club doit avant tout résorber le déficit creusé par GACP : il se met les supporters dans la poche. Il prépare le terrain à une désillusion sportive et désigne par avance le coupable : King-Street / Longuépée. Simple mais efficace.

Sousa pense déjà à l’après Bordeaux

En soulignant aussi fortement son envie de joueurs, Sousa se ménage un argument sur mesure pour arrêter l’aventure bordelaise en fin de saison « Bordeaux ne m’a pas donné les moyens ». Prévisible, mais efficace
En plein marasme King Street vs. GACP, « l’entourage » de Sousa s’était empressé d’affirmer qu’Arsenal l’avait contacté « Pourquoi ne partirait-il pas ? Le projet bordelais n’est pas celui qui lui a été promis, c’est un fait ». Marrant, Arsenal a démenti être intéressé par Sousa ! La ficelle est un peu grosse…

Sousa et Macia

Eduardo Macia, le directeur sportif/du football n’aligne pas un mot de Français et, de ce fait, il est totalement absent des médias. Situation que Sousa a habilement retourné à son avantage. D’une part, il monopolise la parole « sportive » du club dans la presse et les médias. Mais il a aussi réussi à rétrograder Macia au rôle de simple recruteur à son service « L’idée est de faire passer au responsable du Football, Eduardo, tout ce dont a besoin l’équipe pour atteindre une autre étape ».

Sousa nous a séduit. Sousa a mené les Girondins à une troisième place de la L1 pendant quelques jours. Les supporters n’avaient pas connu celà depuis des années. Mais à coté de ça, on on ne peut ignorer toute sa stratégie de communication un peu cousue de fil blanc

Les observateurs et les supporters sont tombés sous le charme du personnage Sousa. C’est indéniable. Mais l’état de grâce aura ses limites. Seuls les résultats comptent.

Mais si c’est pour finir entre la 7eme et la 12eme place, Bordeaux n’avait peut-être pas besoin de prendre un coach « star » à 3.5 ME/an avec 8 adjoints …