Cet article a plus de 7 années. Il ne concerne pas la saison actuelle. Pensez à le replacer dans son contexte !!!

David Trezeguet cherche un club et à fait ses offres de service aux Girondins. Bordeaux affirme n’être pas emballé par son profil.

Le problème de l’âge est un grand classique : trop vieux, trop cher, pas de revente possible à la fin de la saison et donc aucun intérêt financier pour des clubs dépendant entre autres des transferts et des plus-values. Oui, mais. Trezeguet est libre. Pas d’indemnité de transfert à régler. A 33 ans, Trezeguet possède un jeu qui, physiquement, n’est pas des plus exigeants et surtout, sa volonté de jouer en Ligue 1 traduit une fraicheur mentale encore présente. La question de l’âge est un faux problème dans ce cas là.

Trézeguet, c’est un un profil de renard des surfaces quasiment inexistant en France actuellement et pourtant bien utile. Oui, mais voilà, Jean-Louis Triaud expert es-attaquants (Maazou, André, …) n’est pas du même avis. Bordeaux « veut un buteur capable de prendre la profondeur. Trezeguet a le profil des attaquants que nous possédons. » C’est noté, Diabaté ou Modeste, mis à part leur efficacité, ont des profils semblables au Franco-Argentin, cela ne fait aucun doute.

Donc, la Ligue 1 est un championnat où les attaquants doivent prendre la profondeur, être des monstres physiques capables de jouer en pivot, dévier les ballons de la tête et cavaler sur 50 mètres en contre-attaque. Pas le profil de Trezeguet…

David Trezeguer

Le jeu bordelais étant étant ce qu’il est, un autre facteur pourrait expliquer l’incompatibilité entre Bordeaux et Trezeguet : l’aspect financier. D’abord présenté financièrement « inaccessible », Trézéguet a publiquement annoncé qu’il se contenterai d’1 million d’euros annuels. Soit l’équivalent de ce que touche un Wendel. Ce n’est pas ça qui coince, la raison doit-être plus profonde.

Hormis l’humour Girondin sur le profil similaire de ses attaquants et de « Trezegoal », la stratégie bordelaise consiste non pas à gagner des titres mais à présenter à son actionnaire un compte de résultats le plus sexy possible. Donc former ou acheter des jeunes joueurs pour les revendre ensuite et recommencer ainsi l’année suivante. Or Trezeguet n’est pas revendable et, surtout, sa présence empêcherait de mettre en avant les petits jeunes du club qui, eux, constituent les (maigres) actifs du club bordelais. Nous y voila … Pour revendre dans 1 ou 2 ans nos Modeste, Diabaté, Jussie, Gouffran ou autres Ayité il faut les mettre sur le terrain, pas sur le banc.

Un cercle vicieux qui condamne Bordeaux à ne pas investir sur des joueurs confirmés et plus âgés. Pourtant, sur le plan sportif, leur présence permettrait un bon parcours et un bénéfice sur le terrain à court terme. Mais un investissement financier inconcevable puisque revente impossible… Pourtant, souvenons nous de la saison extraordinaire réalisée par Jean-Pierre Papin et de ses 16 buts en 96-97 sous nos couleurs, à 33 ans !

A aucun instant la progression sportive n’effleure l’esprit des dirigeants des Girondins. On touche là à la mentalité d’épiciers qui consiste à ne pas dévaloriser par une trop forte concurrence les joueurs susceptibles de ramener quelques millions en fin de saison. Aujourd’hui, la gestion bordelaise se résume à « la mise en vitrine permanente des produits disponibles à la vente ». Fini les prêts prestigieux de Savio ou Denilson … on fait éclore Gourcuff et on se dépêche de le refourguer pour empocher la mise. Chamakh fut l’exception qui piégea le club à son propre jeu, au grand damn de Jean-Louis Triaud qui ne l’a toujours pas digéré…

Alors bien sûr, Trezeguet n’aurait pas claqué 25 buts à Bordeaux comme à la grande époque, mais une dizaine, surement. Et il aurait fait vendre surement 10 fois plus de maillots que Modeste ou Diabaté réunis. Mais ça non plus, les dirigeants bordelais ne le voient pas, de toute évidence.

Néanmoins après avoir décrypté tant de paramètres qui amènent à observer que l’un des plus grands joueurs du football français est devenu « tricard » en Ligue 1, victime de la mentalité française, ne suffirait-il pas de se demander si nous avons les joueurs pour jouer avec Trezeguet ? La réponse est non, là aussi. A part Trémoulinas, capable de centrer dans la surface, et Plasil capable d’assurer une passe à 20cm près, à quoi bon aligner Trezeguet et attendre que FBK ou Gouffran lui donnent un bon ballon ?

Non, effectivement, les Girondins ne méritent pas Trezeguet. Et ils ont les joueurs qu’ils méritent.