Cet article a plus de 6 années. Il ne concerne pas la saison actuelle. Pensez à le replacer dans son contexte !!!

Jean-Louis TRIAUD est un président atypique. D’abord c’est un président bénévole. Ca vaut ce que ça vaut, mais on se doit de le préciser, c’est pas un mec nommé par un conseil de surveillance et qui vient pour se gaver. JLT, c’est la bourgeoisie bordelaise incarnée. Les grands lycées bordelais, puis Science-Po en dilettante avant de devenir propriétaire prospère de trois domaines médocains, via un heureux mariage qui fait de lui un notable de la place de Bordeaux.

Jean Louis Triaud et ses vins

Mais, en 1996, lorsque Alain Afflelou se désengage des Girondins, Triaud se porte candidat à la présidence du club. Son carnet d’adresse, ses sympathies avec Alain Juppé, fraichement élu nouveau maire de Bordeaux font le reste : il s’installe aux commandes de la section pro des Girondins, aux cotés de Jean-Didier Lange, l’avocat d’Afflelou.

Jean-Louis Triaud, c’est l’image des Girondins depuis presque 20 ans. Un club où il fait bon vivre, où l’ambiance est paternaliste, où la pression du résultat est inexistante, qui est abonné au premier tiers du classement et où la (très) sage presse locale s’amuse des bons mots d’humour du président. A la fin des années 90, voyant ce que Canal a fait du PSG, il se rapproche d’un de ses potes de lycée Bordelais : Nicolas de Tavernost, le patron de M6 qui cherche par tout les moyens à rentrer dans le monde du foot. Moyennant un chèque de 120 millions de Francs de l’époque (donc 19 millions d’Euros), M6 devient le propriétaire des Girondins. Et Triaud est désormais seul patron au Haillan.

Jean-Louis Triaud, c’est aussi un des présidents de clubs qui génère le plus de critiques de la part de ses supporters. Mais, imperturbables, elles semblent glisser sur lui sans l’atteindre. Car, malgré deux titres nationaux en 16 ans, 3 ou 4 coupes nationales, de très beaux parcours en coupe d’Europe, il traine tout de même quelques casseroles. Au premier rang desquelles une incapacité devenue chronique à gérer ses 2 titres de champion. Et puis, lors de la saison 2004-2005, le club ne se sauve de la relégation qu’à la dernière journée du championnat. Et quelques couacs notoires en terme de recrutement aussi, des entraineurs Toni ou Tigana, des joueurs Menzo, Maazou, André, Placente, Christian, Miranda ou Lendvai, sans oublier le bras de fer (perdu) aux prud’hommes avec Elie Baup, ou le départ précipité au Brésil de Charles Camporro, directeur sportif de l’époque, condamné dans l’affaire des comptes de l’OM. Plus près de nous, le départ sans indemnités de Chamakh à Arsenal, reste un de ses plus grands échecs dont les conséquences seront désastreuses pour le club.

Jean Louis Triaud

Personne, sauf peut-être Gervais Martel, n’incarne mieux son club que Jean-Louis Triaud. Mais comme Gervais Martel, Triaud donne l’impression d’avoir du mal à passer du dirigeant paternalistes des années 90 au président cynique et froid du foot décomplexé actuel qu’est Jean-Michel Aulas. Comme Martel, Triaud c’est un président Oldschool, de la vieille école. A un détail près : Martel a joué avec son pognon et s’est retrouvé sur le carreau, alors que Triaud n’a jamais personnellement investi dans le club …

Derrière son coté d’éternel ronchon façon Jean-Pierre Bacri mâtiné de Bohringer, Jean-Louis Triaud est un sentimental qui fonctionne à l’affectif. Il est subjugué par Laurent Blanc, au point de lui confier les clés du club, sans avoir compris que Bordeaux n’était qu’un tremplin pour lui. Peu importe que Pavon ai failli faire plonger le club en L2, il le propulsera patron du recrutement. Pour Triaud les joueurs sont tous des « bons gars ». Une générosité qui le conduit à offrir des contrats incroyables à des joueurs moyens (Bellion, Chalmé, Jussie) et à laisser partir des joueurs en dessous de leur valeur réelle (Meriem, Baysse, Ecuele-Manga, Gouffran, Wendel, Cavenaghi).

Jean-Louis Triaud

Aujourd’hui, le job de Triaud est de solder la gueule de bois post-trahison de Blanc, dans les moins mauvaises conditions possibles. Pas d’autre objectif que l’équilibre budgétaire. Il laisse les délires financiers au PSG et Monaco et à Marseille le soin de défrayer la chronique. Lui, il essaye de faire partir ses plus gros salaires (même si il répugne à cette tâche) et recrute des vétérans libres ou des inconnus sud-américains payés au lance-pierre. L’objectif devient chaque jour un peu plus clair : clore le cycle de l’équipe pour repartir sur des bases nouvelles, et une nouvelle équipe pour son dernier challenge : le futur « grand » stade de Bordeaux qui accueillera « ses » Girondins pour la saison 2015-2016.