Cet article a plus de 7 années. Il ne concerne pas la saison actuelle. Pensez à le replacer dans son contexte !!!

Qui est Francis Gillot ? Comment fonctionne-t-il ? Quelle est son histoire ? Quelles sont ses méthodes ? Quelles sont ses qualités et ses zones d’ombre ? Trois mois après son arrivée à Bordeaux, il nous paraissait opportun de tenter de dresser le portrait du nouveau coach girondin…

Francis Gillot, c’est avant tout un gars du nord. Né en 1960, près de Maubeuge, il commence sa carrière de joueur de foot en faisant ses premiers pas au Club Junior de Villers-Sire-Nicole entre 1970 et 1974 en tant que défenseur. Il passe joueur professionnel cette même année et sera recruté par le FC Valenciennes, avec qui il dispute 75 matches et marque à 4 reprises, jusqu’en 1982. Entre 1982 et 1988, Francis Gillot jouera au RC Lens. Il participe ainsi à 158 rencontres et marque 10 buts. Puis il quitte le Nord-Pas-de-Calais un an pour le RC Strasbourg (20 matches et 2 buts) avant de revenir à Lens. En 1993, il fait un passage éclair au FC de Mulhouse et termine sa carrière de joueur professionnel au FC Montauban (1993-1996).

Francis Gillot

Francis Gillot devient donc entraîneur à la fin des années 90. Il s’occupe tout d’abord des jeunes footballeurs du FC Sochaux, puis de ceux du centre de formation d’Al Ayn (aux Emirats Arabes Unis) pendant la saison 2003-2004, avant de venir prêter main forte à Joël Muller à Lens, en tant qu’adjoint en 2004 et 2005.

Gillot est un formateur qui aime reconstruire des équipes qui sont dans l’impasse. Il s’est forgé une image à la Jim Phelps, l’homme de « Mission Impossible » avec lequel il partage le regard froid et distant. En 2005, il prend en charge l’équipe première du RC Lens, son club de coeur, qui était dans la 2eme partie de classement, avant de démissionner 2 ans plus tard, en échouant aux portes de la Ligue des Champions. La situation était encore pire lorsqu’il est arrivé à Sochaux, classé 19e, qu’il quittera après l’avoir qualifié pour l’Europe. Chaque fois, Gillot a fait le boulot qui était attendu de lui, c’est indéniable.

Si ses supporters apprécient généralement son jeu offensif, ses sorties médiatique et sa confiance, ses détracteurs, quant à eux, lui reprochent un manque d’énergie, une attitude hautaine et un coaching parfois déroutant. Du coté des supporters de Sochaux, son départ pour Bordeaux, 72h après avoir déclaré qu’il resterai dans le Doubs, a laissé des cicatrices …

Francis Gillot

Mardi, Francis Gillot était à Sud-Ouest pour un vrai-faux « chat interactif » puisque en fait, les questions émanaient d’un panel de lecteurs sélectionnés et d’une sélection de questions déposées sur le site du journal depuis la veille.

Mais en décryptant ses propos, on relève des non-dits révélateurs dans ses déclarations. Gillot se sent impuissant face à la force d’inertie de l’équipe bordelaise et de certains joueurs. « Bordeaux voudrait se séparer de quelques joueurs, mais personne n’en veut », a dit en substance Gillot. « On voudrait en faire venir des plus talentueux, mais on n’a pas d’argent ».
Dans ces conditions, tout devient très compliqué surtout avec les contrats longue durée dont bénéficient les joueurs de 2009. La solution ? On n’y arrivera pas, on restera dans le ventre mou du championnat dans le meilleur des cas. Actuellement, Bordeaux est au maximum ou presque de ce qu’il peut faire. Gillot dit : « Il faut travailler ». CQFD. Mais Tigana ne disait pas autre chose l’an passé…

Il essaye de faire passer son message, mais cette génération de joueurs n’est pas réceptrice. La plupart d’entre eux n’ont pas le talent voulu ou l’intelligence pour comprendre des choses qui vont dans leur intérêt et celui du club. Le maillot, ils s’en foutent. Aujourd’hui, ils sont là, demain ils seront ailleurs. L’argent est devenu en quelques années le maître incontesté du foot.

Francis Gillot

Gillot a tout de même été mis en difficulté quand ont été abordées les questions directes relatives aux joueurs. « Jussiè, mon chouchou ? Non, en aucun cas, je prends les meilleurs à l’entrainement ». L’argument est quand même faible quand on voit le rendement dudit Jussiè les soirs de match. Même chose quand ont été évoqués les jeunes espoirs du centre de formation (en l’occurrence Chevalier, Sala ou Castro) « Ce qui les empêche d’intégrer le groupe me semble être le nombre de joueurs confirmés ». Là, ce n’est plus une logique sportive qui semble primer mais peut-être d’autres considérations, probablement bassement matérialistes (ne pas trop dévaluer la valeur d’un pro en le reléguant en CFA ou en tribune).

Quand la question des moyens et de l’implication de l’actionnaire arrive, les réflexes de l’ancien défenseur reprennent le dessus et il dégage en tribune : « Je ne m’occupe pas de la politique du club ». On ne l’attirera pas sur ce terrain. Mais peut-on lui jeter la pierre ? Au contraire, en ré-affirmant son allégeance au duo Triaud/Tavernost, il rejette à l’arrière plan toutes les polémiques autour des choix des propriétaires du club pour se concentrer sur son sujet : le terrain.

Et si Gillot était tout simplement le coach parfait pour un travail de fond, à même de permettre la reconstruction d’un Bordeaux stable, joueur et ambitieux, un coach qui prône le jeu, à qui il faut laisser le temps de travailler ?

Sans oublier de lui donner quelques joueurs neufs et talentueux …