Cet article a plus de 7 années. Il ne concerne pas la saison actuelle. Pensez à le replacer dans son contexte !!!

Le projet retenu pour le Grand Stade était tout juste présenté à Bordeaux que des voix dissonantes se sont faites entendre, une fois l’euphorie générale un peu retombée. Si le projet en lui-même n’est pas remis en cause, c’est son financement qui ne fait pas l’unanimité.

Philippe MADRELLE, Président du Conseil Général (qui a refusé de contribuer au financement à hauteur de 15 ME) a publié le communiqué suivant : « Le résultat de l’appel à projets du Grand Stade de Bordeaux confirme aujourd’hui qu’il n’était pas nécessaire d’infliger un supplément d’impôts aux contribuables girondins pour parvenir à doter Bordeaux d’un stade neuf. Si, de surcroît, le maire de Bordeaux avait pris la décision de ne pas collectionner les stades et leurs frais d’entretien, en reconvertissant Chaban-Delmas tout en conservant les témoignages architecturaux remarquables, ce projet aurait pu se financer, hors équipements publics d’accès, sans le moindre recours aux contribuables bordelais. »

Le Grand Stade de Bordeaux

Commentaire acerbe aussi pour le leader des Verts bordelais Pierre HURMIC : « C’est une excellente nouvelle pour le foot business qui concrétise une OPA sur les finances locales. C’est en revanche une mauvaise nouvelle pour la ville de Bordeaux, ses citoyens et ses contribuables qui devront payer pendant trente ans un stade disproportionné en versant à Vinci un loyer considérable, proche de 8 M€ par an. L’UEFA a imposé à la ville organisatrice de son Euro 2016 des conditions drastiques que d’autres villes françaises comme Nantes, Rennes ou Strasbourg ont refusées. »

Dans les rangs mêmes des supporters bordelais on s’étonne que l’on ai trouvé 70 ME de fonds publics en à peine un an pour le Stade, alors qu’il faut 10 ans pour accoucher d’un pont de 100 ME ou que l’élargissement de la rocade bordelaise à 2×3 voies est au point mort depuis 5 ans … Si un sondage IFOP publié en décembre 2009 a révélé que 61% des Girondins étaient favorables au nouveau stade, il révélait également que 73% ne souhaitent pas payer pour sa construction. Hors, ce projet comporte 73 ME de fonds publics (15 pour la ville, 15 pour la région, 15 pour la Communauté Urbaine et 28 pour l’Etat) issus de la fiscalité directe ou indirecte…

Du coté de la Mairie de Bordeaux, on balaye d’un revers de la main le sujet : « Un Grand Stade moderne va générer des retombées économiques importantes ». C’est bien, mais ça reste vague. Du coté de Vinci, le futur concessionnaire, on est plus mesuré et on parle de « Pari calculé » et on compte sur les événements extra-sportifs pour multiplier les recettes. Le Grand Stade pourrait aussi accueillir, outre les matches des Girondins, des compétitions de rugby… mais du coté des concerts, il faudra compter avec l’Arena de Floirac qui sera livré en 2014.

Le Grand Stade de Bordeaux

Les plus farouches opposants du Partenariat Public Privé qui se dessine se plaisent à rappeler que le futur Stade des Lumières de l’OL a trouvé un financement 100% privé et font le parallèle avec les choix d’investissement d’autres grandes villes :

Bilbao a investi 250 millions dans son musée. Retour sur investissement en cinq ans. Le musée a généré 4.000 emplois permanents dans la ville avec la venue annuelle de 1 million de touristes. Bilbao dispose également d’une équipe de football évoluant en première division espagnole. Génère-t-elle les mêmes dividendes pour la ville ? Le Grand Stade bordelais permettrait-il un tel résultat, alors que l’engouement populaire autour du football est loin d’être aussi fort chez nous qu’en Espagne ? Certainement pas.

Lens, l’a compris avant les autres. Alors que les médias nationaux ne l’ont toujours réduite qu’à une valeureuse équipe de football et à son formidable public « CH’TI », quelle surprise d’y voir émerger un « musée du Louvre 2 » avec 28.000 mètres carrés pour un coût de 80 ME. Metz a fait un choix similaire avec son « Beaubourg 2 ».

Le Grand Stade de Bordeaux

Quant à Nantes, Rennes ou Strasbourg, ces villes ont simplement refusé d’investir pour accueillir l’Euro 2016 au motif des coûts trop élevés imposés par les normes de l’UEFA pour les finances locales.

A Bordeaux, le principal point d’interrogation autour du Grand Stade reste donc sa rentabilité et son coût à terme pour la collectivité. Autre incertitude: le devenir du stade Chaban-Delmas. Sur ce point Alain Juppé est resté extrêmement vague …