Il a beau être séduisant, bien fringué et auréolé de deux C1 (au siècle dernier, en tant que joueur) Paulo Sousa n’y arrive toujours pas avec les Girondins, avec un tout petit point au bout de 2 journées.

Pourtant, après voir usé en 15 mois Gourvennec, Poyet, Bédouet et Ricardo, les Girondins allaient voir ce qu’on allait voir avec ce coach portugais, se réclamant de la lignée des Mourinho, Villas-Boas, Jorge Jesus, Jardim etc … made in Portugal et apportant une expérience internationale avérée.

C’est que avant Bordeaux, Paulo Souza a entrainé en Angleterre (QPR, Leicester), en Italie (Fiorentina), au Pays de Galles (Swansea), en Israël (Maccabi Tel-Aviv), en Suisse (FC Bâle), en Hongrie (Videoton) et même en Chine (Tianjin Quanjian) avant d’arriver en France. Ah, c’est clair que coté CV, Gourvennec, Bédouet, Gillot ou Ricardo réunis ne lui arrivent pas à la cheville.

Bon, neuf clubs en onze ans tout de même ….

Paulo Sousa, c’est un intello. Là où la plupart des coachs ont 1, 2 voire 3 adjoints, Sousa en a 8 … On ne va pas faire l’énumération détaillée, mais entre les « analystes », l’entraineur des attaquants, l’entraineur des gardiens, le monteur vidéo, le déchiffreur des rencontres, les préparateurs physique …. ça fait 8 adjoints autour du coach, hors staff médical. Et la plupart ne viennent pas du monde du foot mais sont bardés de diplômes universitaires.

Aucun autre entraineur de L1 n’a autant de moyens humains à sa disposition.

Sousa explique ainsi son projet avec les Girondins : « Lorsque j’ai pris la décision de devenir coach, c’était pour développer une méthode d’entraînement, de travail, complètement différente de celles que j’avais connues en tant que joueur, parce que j’ai été beaucoup blessé durant ma carrière. J’ai besoin de comprendre les choses, d’aller dans différentes directions. Donc j’ai commencé par aller parler à beaucoup de personnes, pour trouver de nouvelles idées. Et quand j’ai eu l’opportunité de pouvoir me constituer un staff, j’ai invité les plus intéressantes à venir me rejoindre. »

Donc, Sousa est un pionnier, qui veut entrainer « différemment » avec de « nouvelles idées ».

Innover, c’est bien, mais le problème, c’est que Paulo Sousa a un bilan catastrophique. Le pire bilan que les Girondins aient connu, avec pourcentage de victoires de 18%… L’an dernier, avec le même effectif, Bédouet puis Bédouet/Ricardo faisaient 29%.

Et que dire de Gustavo Poyet qui alignait un très beau 50%, le seul à se rapprocher du record détenu par Blanc à 57% de victoires ?
Mais bon, même si il gagnait, on a préféré virer Poyet parce qu’il avait une trop grande gueule. C’est ça les Girondins de Bordeaux ….

Augusto Poyet

Bref, Sousa expliquait à SoFoot en mai dernier :

« Mes joueurs ont besoin d’être tactiquement intelligents, parce qu’il y a beaucoup de complexités à prendre en compte dans le jeu. D’abord, il faut connaître son environnement, ses coéquipiers et leurs qualités, et commencer à travailler simplement, avant de compliquer de plus en plus les choses. L’idéal est de parvenir à donner aux joueurs des clés pour qu’ils réussissent le plus vite possible. La réussite, c’est lorsque le joueur reconnaît qu’il progresse en faisant les bonnes choses, et qu’avec ses coéquipiers, il pourra obtenir des résultats. Parce que les résultats doivent être la conséquence des progrès individuels et collectifs, OK ? Parfois, cela prend plus de temps. Pourquoi ? Imaginez que les hémisphères de votre cerveau représentent l’un le présent, l’autre le passé : le présent est la conscience, le passé est le subconscient. OK ? Le joueur est habitué à faire quelque chose. Où va-t-il ? Dans son subconscient. C’est comme un ordinateur, vous écrivez, vous sauvegardez. Pour changer cela, vous avez besoin d’installer une nouvelle méthode de travail, pour remplacer les vieilles habitudes, les routines, par de nouvelles choses. Cela peut prendre trois, quatre ou cinq ans.?»

Oké, ça calme et on imagine les causeries d’avant match …
Donc il faut des joueurs qui ont bac +5 et au final 3, 4 ou 5 ans de gammes pour que ça rentre. Aucune chance en 6 mois. On ne sait pas si Joe Da Grosa qui doit rembourser 100 ME aux fonds d’investissement d’ici 3 ans est d’accord pour attendre 3, 4 ou 5 ans pour que ça fonctionne.

Evidemment, le discours de Sousa est séduisant, comme le personnage. Mais les Girondins ne sont pas un labo d’expérimentation. C’est un club à la dérive depuis des années qui a besoin d’être repris en main et surtout de renouer avec son public, à travers des victoires.

Pourquoi avoir donc choisi ce profil ? Est-ce que les Girondins avaient besoin d’un théoricien avec des « nouvelles idées » ou plutôt d’un « taulier » ? La question reste posée.

Certes, depuis la reprise du championnat, Sousa a un peu réorienté son discours, même si après le match de Montpellier il s’enflammait encore « Tout le monde veut être connectés avec la victoire, se connecter par la victoire, et on travaille pour arriver à ça ». Son « entourage » laisse filtrer qu’il serait agacé par l’absence de recrues et que « ce n’est pas le projet que GACP lui a vendu » et qu’il va « peut-être » falloir adapter la stratégie de jeu à la réalité de l’effectif.

Stratégie du parapluie, connue de tous « j’ai pas les recrues que j’attendais ».