Le mouvement #KingStreetOut qui s’étale sur les réseaux sociaux cristalise toutes les rancoeurs accumulées contre les propriétaires et dirigeants successifs des Girondins, depuis le dernier titre en 2009

On a tous rêvé.

M6 allait enfin se barrer et un « investisseur » allait reprendre les Girondins. On s’était dit que s’en était fini des coachs sortis de nulle part, des recrutements de 4eme catégorie genre Maazou, Orban, Contento, Kiese Thelin, Yambere, Arrambari, Cafu, Gajic ou de ces perles auxquelles les Girondins n’ont jamais donné leur chance (Sala, Modeste …). Tout ça c’était fini.

On pensait que la gestion « à la papa » de Jean-Louis Triaud allait laisser place à celle de vrais professionnels du foot, que tous les « bons gars » qui peuplaient la plaine du Haillan allaient laisser place à des vrais calibres du foot, pour recruter, diriger, faire jouer et GAGNER notre équipe pour la remettre à sa vraie place (au regard de son budget), à savoir le TOP 5.

On a tous rêvé de titer un trait sur 10 années de vaches maigres, de hauts et de bas, d’humiliations en coupe de France, de la Ligue ou d’Europe. Les américains débarquaient avec un conseiller sportif Portugais, le truc à la mode en ce moment. Cerise sur le gâteau, un coach lui aussi portugais, beau gosse, beau palmares (de joueur) avec vachement de principes de jeu, vachement d’adjoints et un salaire vachement gros, le plus gros que les Girondins n’aient jamais donné à un coach

On a eu beau dire que Joe DaGrosa n’avait pas un rond et que Varela était un aventurier, on a tous rêvé de ce qu’on voulait pour notre club.

Manque de bol, on a rêvé d’un « investisseur prestigieux » et on a eu un « investisseur véreux« . GACP c’était pas mieux que M6. Pas un rond pour recruter. Pire, ils ont (parait-il) bouffé la baraque et se sont sucré sur le dos de la bête si bien que le financier KingStreet qui était derrière GACP a éjecté les deux guignols au bout de 6 mois et repris contraint et forcé la barre du navire. Et un déficit annoncé autour de 30-40 ME.

La présence de KS à la tête des Girondins n’est que l’aboutissement de 10 ans d’errements de M6 qui trainait les Girondins comme un boulet, sans savoir quoi en faire, que l’aboutissement d’une vente que M6 a souhaité et obtenue aux forceps, au bout de 8 mois de tractations intenses et d’un montage financier improbable, adossé à des emprunts à des taux quasiment usuraires.

Oublier M6 serait une erreur coupable.

Parce que des mercato lowcost ce n’est pas l’apanage de KS, il y en a eu avec M6 depuis 10 ans : 2011/2012 : 4ME dépensés. 2012/2013 : 2.8 ME dépensés. 2013-2014 : 4.5 ME dépensés. 2016-2017 : 7.7 ME dépensés
Le triste mercato hivernal des girondins n’est que le énième replay de ce que l’on a connu avec M6 : on vend ce qu’on peut pour calmer les banquiers et on prend 1 ou 2 pieds carrés en prêt…

Avec M6, des recrutements incopréhensibles, il y en a eu des paquets aussi. Et des entourloupes autour du commissionements des entraineurs sur les transferts, des rumeurs incessantes autour de la célèbre « filière brésilienne » de Bordeaux (affaire Paulo Miranda), Camporro condamné dans l’affaire des comptes de l’OM, le rôle des agents au Haillan …
Et il y a AUSSI du monde qui a bien vécu grâce aux Girondins de l’ère M6 : 225 salariés du club contre 165 à l’OM, 130 au LOSC, 55 à Sainté en 2018.

King Street ne connait rien au football.

Les Girondins sont pour eux aussi un fardeau avec lequel ils se retrouvent, sans forcément l’avoir voulu. KingStreet empile les maladresses (au mieux) et les erreurs stratégiques (au pire). Toutes ces erreurs donnent évidemment du grain à moudre aux supporters qui n’en demandaient pas tant pour partir en guerre contre le symbole que représente KingStreet, cet actionnaire insaisissable et invisible… c’est vrai qu’on est loin de Jean-Louis Triaud, le notable médocain qui gérait le club entre ses affaires viticoles et un peu de bateau « au Ferret », qui tutyait les journalistes et le maire. Triaud était la caution locale de M6/RTL … Longuépée, froid, distant, businessman dans l’âme est son antithèse. La comparaison est cruelle.

Aujourd’hui, les suporters hurlent leur désespoir en voulant pousser King Street dehors. Tout ce que fait King Street, c’est mal. Dès que Longuépée dit un truc, c’est systématiquement déglingué …
… mais pour que King Street parte, volontairement ou contraint, il faudrait déjà qu’il y ai un acheteur en face… On en serait même rendus à penser qu’il faudrait un acheteur qui convienne aux supporters.
Bon, ça c’est un autre sujet…

Absence de résultats sportifs

Mais ce desespoir n’est que la transposition de l’absence de résultats sportifs. Tout aussi étrangement oublié que M6 dans le marasme actuel, l’entraineur portugais aux 8 adjoints ne fait guère mieux que Gourvennec, Poyet ou Bédouet (pour les plus récents).
L’ambition, les principes de jeu, le schéma tactique qui se transforme selon qu’on est en phase d’attaque ou de repli … tout ceci est séduisant, mais à un moment la loi du résultat s’impose à tous. Le talent d’un entraineur, ce n’est pas d’être séduisant au Canal Football Club : c’est avant tout d’avoir des résultats avec un effectif quelconque…

Si les Girondins étaient 3emes, l’essentiel des griefs aujourd’hui reprochés à KingStreet seraient sans objet !

Résumer la crise dans laquelle les Girondins se trouvent actuellement au seul hastag #KingStreetOut est à mon sens beaucoup trop réducteur et occulte les responsabilités de M6 dans la lente déliquescence du club et dans sa volonté de vendre à celui qui lui donnerai le plus du club.

Pire, si KS décidait de jeter l’éponge et couper les vivres d’un seul coup, ce serait le dépôt de bilan et la rétrogradation en L2.

Au mieux.