La crise qui secoue les Girondins révèle au grand jour les pratiques du monde du football qui, si elles ne sont pas forcément illégales (ce n’est pas à nous de le dire), démontrent à quel point le projet sportif semble secondaire par rapport aux rémunérations diverses que s’octroient tous les acteurs d’un club.

En coulisse des Girondins, une vaste partie d’échecs est en train de se jouer sur fond de gros sous, de salaires ahurissants et de commissionnements à tous les étages. Si le projet sportif est toujours aussi flou, les flux financiers entre des protagonistes toujours plus nombreux semblent pour leur part bien rodés. Tout ceci laisse à penser qu’avant les résultats sportifs, notre club est devenu une gigantesque machine à cash sur laquelle bien du monde vient se nourrir

Et les mouches ont semble-t-il changé d’âne cette semaine, délaissant un peu l’actionnaire invisible du club pour se focaliser sur l’entraîneur Paulo Sousa qui focalise beaucoup de critiques … et de révélations.

Des personnes qui « lui veulent du bien » ont laissé filtré dans la presse nationale plusieurs éléments embarrassants démontrant que Paulo Sousa n’est peut-être pas seulement le perfectionniste qu’il prétend être mais également un homme très très intéressé par l’argent. Peut-être même plus que par les résultats sportifs …

C’est en effet le 3eme salaire des entraîneurs de L1 que touche Sousa, avec 280.000 euros mensuels. Sans oublier ses 8 adjoints qui ne sont probablement pas bénévoles. Ca en fait de l’argent dépensé pour en arriver à une moyenne de 1.22 pt par match…

Mais en plus, Sousa toucherait un pourcentage de la plus-value sur chaque transfert réalisé par le club (clause pourtant illégale en France). Plusieurs sources (L’Equipe, France Football) indiquent que bien que le contrat de Sousa homologué par la LFP ne porte pas cette clause, elle existerait réellement sous une autre forme (contrat sous seing privé à l’étranger, rétro commissionnement …).

Troublant également, France Football nous apprend que l’agent de Sousa, Hugo Cajuda, est devenu omniprésent au club. Pour y faire quoi ? S’occuper des réservations d’hôtel et d’avion ? Ou s’immiscer dans le montage des transferts ?

La stratégie de recrutement mise en place par GACP est basée sur le recrutement de joueurs libres. Pas d’indemnité de transfert à régler à l’ancien club. Mais une prime à la signature qui se répartit entre le joueur, le ou les agents apporteur d’affaire, l’agence du ou des agents, le copain du copain … et une prime, ça peut aussi revenir en partie à celui qui a tellement insisté pour avoir ce joueur plutot qu’un autre.

Laurent Calippe, ancien recruteur (scout) des Girondins remercié à l’arrivée de GACP, s’étonne : « Tous les Scouts bordelais actuels sont à l’étranger, chapeautés par Ollie Waldron, un Anglais champion du monde de la data. Tous ces scouts à l’étranger, ça sert à quoi quand l’essentiel du recrutement est fait en France ? »

Et il apporte un élément de réponse : « A Bordeaux nous étions tous des employés, nous travaillions pour Bordeaux. Et maintenant, presque tous les recruteurs de Bordeaux sont indépendants, ne sont pas des employés des Girondins. Ils ne vivent même pas en France, ils ne paient pas leurs impôts en France. Donc, ils ne sont pas des employés du club. Et je ne saurais vous dire pour qui ils travaillent. ».

vente des girondins

Donc, ces scouts « indépendants » facturent Bordeaux pour « observer des joueurs » … pour finalement les proposer à d’autres clubs ou d’autres agents « amis » ? Quand GACP a été viré par King Street, la presse rapportait que « des notes de frais arrivaient de partout« .

Des notes de frais, des factures, des commissions … Ce n’est pas des salaires. Pas de cotisations sociales, l’Etat est aussi le grand perdant des nouvelles pratiques de rémunérations

On découvre (France Football) que le nouveau directeur « Stratégie Commerciale Stade et Réseau » a recruté 10 commerciaux …. via sa société de conseil Time For Biz, qui a également été chargée de leur formation. Ce n’est même plus « on fait bosser les copains » c’est carrément « je file des contrats à ma propre boite« .

La coupe est pleine, n’en jetez plus … le monde des supporters, des bénévoles est loin. L’esprit du sport, aussi.

On est désormais au royaume du business, des commissions qui circulent dans tous les sens, à la cour des agents, des intermédiaires en tout genre qui se servent sur une proie bien grasse, et qui attendent avec avidité la « manne des nouveaux droits TV » qui arrivera l’été prochain.

Après, ne soyons pas naifs. Ca n’a pas été forcément tout blanc à l’époque de M6. Il y a eu pas mal de cadavres aussi dans les placards : Camporro, les mandats de recrutement, les agents, Courbis, la filière brésilienne …

Mais aujourd’hui, c’est fait de façon totalement décomplexée …

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