Cet article a plus de 7 années. Il ne concerne pas la saison actuelle. Pensez à le replacer dans son contexte !!!

Six mois avant une échéance cruciale pour le foot français (l’euro 2012), Lolo Blanc nous refait le même coup qu’à Bordeaux : son « avenir » et son « contrat » font l’actualité de l’Equipe de France. Le sportif et la reconstruction de l’équipe sont relégués à l’arrière plan, on ne parle plus que de contrat et de la carrière de Blanc. Ca ne vous rappelle pas un scénario amer, chers amis bordelais ?

L’enjeu du débat ? Le renouvellement du contrat de Blanc avant ou après l’Euro… mais aussi le coût global du staff technique de Laurent Blanc au sein de la FFF. Blanc avait allumé la mèche le 28 octobre dans l’Equipe en déclarant « Si je dois rester, il faudra que mon contrat soit prolongé avant l’Euro ».

Noël Le Graët, le patron de la FFF, ne voit pas les choses de la même façon : « La question du contrat de Laurent Blanc ne sera étudiée qu’après l’Euro. Il faut aller le plus loin possible à l’Euro, mais surtout il faut passer les poules. Gérer un groupe en compétition, c’est l’heure de vérité. L’équipe de France doit faire mieux sportivement. Le temps de la gagne est venu ». Message limpide … et plutôt cohérent, quand on se souvent de ce qui s’était passé avec Roger Lemerre, dont le contrat avait été renouvelé avant le fiasco de la coupe du Monde 2002.

Laurent Blanc et la FFF

Blanc n’est pas entré directement dans la polémique, mais a envoyé son fidèle sherpa Bixente Lizarazu répondre dans Le Parisien: « Je ne peux pas dire que la prise de position de Noël Le Graët me surprenne vraiment. Depuis son élection à la présidence de la Fédération française de football, il a voulu montrer qu’il est le patron. Et je ne vois pas comment on pourrait le lui reprocher alors que ses prédécesseurs ne prenaient pas toujours leurs responsabilités. Maintenant, Noël Le Graët prend le risque de perdre Laurent Blanc. Car Laurent aura forcément des offres de clubs, français ou étrangers, avec un engagement sur le moyen terme de deux ou trois ans ».

L’ambiance est donnée et le bras de fer lancé…

Mais si le président de la FFF met la pression des résultats sur Blanc, en filigrane c’est avant tout le coût du staff du sélectionneur qui est mis en cause. Un salaire (100.000/mois) double de celui de Domenech et un staff surdimensionné de 22 personnes autour de lui (presque 1 personne par joueur) dont beaucoup de « doublons » aux yeux du président de la FFF : Boghossian avec Gasset, Henri Emile avec Marino Facioli, Fabien Barthez avec Franck Raviot, Philippe Tournon qui doublonne avec le service de presse de la Fédé … d’où le sentiment que l’équipe de France est, plus que jamais, devenue un « Etat dans l’Etat ».

En réalité, cette divergence de vue sur l’agenda des négociations dissimule une désunion beaucoup plus profonde. C’est bien la question du mode de fonctionnement qui achoppe entre Le Graët et Blanc, entre la rigueur et le foot-business avec les copains. Et les performances en demi-teinte de l’équipe de France depuis deux saisons, l’histoire des chouchous Diarra et Gourcuff, l’affaire des « quotas » ou l’exhibition de Boghossian et Barthez en Tchétchénie ne contribuent pas à fluidifier les relations.

Laurent Blanc

Si Blanc veut donc espérer poursuivre l’aventure bleue jusqu’au Mondial brésilien en 2014, il devra donc ramener un résultat de l’Euro. Condition incontournable pour Le Graet … le business et les stars c’est bien, mais à l’arrivée, il faut impérativement des résultats. Pour Le Graet, le redressement financier de la Fédération est incontournable. C’est pourquoi il dit à Laurent Blanc : « Vous êtes de la Fédération, certes un salarié un peu à part de la Fédération, mais il faut faire les mêmes efforts que tout le monde » et implicitement « Si c’est pour être ridicule à l’Euro, autant reprendre un entraineur (et un staff) de second plan moins onéreux ».

Reste à savoir si l’ancien entraîneur de Bordeaux, déjà passablement agacé par ce dossier, ne prendra pas cette annonce comme un désaveu rédhibitoire à sa poursuite à la tête de l’équipe de France.

Mais avec ces nouvelles polémiques, ressurgissent beaucoup de similitudes avec ce qui s’est passé aux Girondins de Bordeaux : la prise de pouvoir au sein du club, des dépenses pharaoniques (salaires et contrats de joueurs à Bx) et six mois de tergiversations autour du devenir du « Président » au moment de l’heure de vérité …