Gourvennec est le 1er responsable de la situation des Girondins de Bordeaux. Il a eu carte blanche pour recruter, il a eu le dernier mot sur chaque départ, sur chaque arrivée. On se souvient notamment de son revirement au dernier moment pour le poste d’attaquant, préférant De Préville au néerlandais De Jonk. Et au delà du peu de rendement des nouvelles recrues, des plans de jeu, du coaching souvent discutable, on peut ajouter l’éviction de Carrasso et le replacement de Toulalan en défense centrale. Toutes ces erreurs sont incontestables et incombent entièrement à Gourvennec.

Avec 15 points à la trêve, un jeu indigent, aucun but marqué lors de 4 derniers matchs, 1 seule victoire sur les 13 dernières rencontres, l’échec est patent, évident. Le passage à une défense à 5 face à Nice n’a rien changé, la titularisation de Prior n’a rien résolu. Son discours ? « Le groupe travaille bien » « les joueurs ne lâchent pas » « le travail paye toujours » c’est quand même léger.

Gourvennec n’y arrive pas, Gourvennec ne s’en sort pas, Gourvennec n’a pas de solution, Gourvennec est dans la spirale de l’échec…

Son discours trop lisse est incapable de faire se révolter les joueurs qui se sont installés dans une absence de combativité absolument incroyable (sauf peut-être Plasil).

Jocelyn Gourvennec

Bien entendu Gourvennec n’est pas le seul responsable. Les joueurs, la direction, la cellule recrutement, la direction ont une part de responsabilité dans tout ce fiasco, au premier rang desquelles de lui avoir donné « les clés du camion » du recrutement. Mais c’est Gourvennec qui a construit l’effectif, choisi les hommes et qui est garant des résultats sportifs. Et à ce titre, sa position est intenable… et il le sait !

Mais Gourvennec s’accroche et se réfugie derrière des phrases un peu simplistes toutes prêtes à l’emploi comme « Ca ne se fait pas d’abandonner quand c’est difficile ». Effectivement, Gourvennec est breton et le capitaine du bateau reste à la barre jusqu’au naufrage final … Son discours est inchangé, il considère que la poursuite de son travail va permettre à l’équipe de se relever.

Mais il n’y a pas que ça, loin de là.

Un enjeu à 5 Millions d’Euros

Si Gourvennec démissionne, il dit adieu à à 2 ans 1/2 de contrat à 140.000 euros par mois, soit près de 5 millions d’euros, selon l’Equipe … En effet, si le club le licencie, il faudra lui payer ses 2 ans 1/2 de salaires encore dus (soit environ 5 ME) mais aussi embaucher un autre entraîneur qui coûtera _lui aussi_ cher au club en salaires pour la même période. Et du coté de M6, on ne veut pas entendre parler d’une telle indemnité, Martin martèle son soutien à son entraîneur.

Les enjeux vont donc bien au delà du seul aspect sportif et du classement, tant pour l’entraîneur que pour le club. Même si la situation est très inconfortable pour lui, on comprend plus facilement pourquoi Gourvennec s’accroche et ne tire pas les conclusions de son échec. 5 millions d’euros de salaire, ça met une famille à l’abri du besoin sur plusieurs générations …

La question n’est donc pas forcément le maintien ou pas de Gourvennec en place, mais plutôt celle de sa démission ou de son licenciement… Une démission pourrait permettre d’offrir un bon salaire à un entraîneur renommé. Pour un club au budget annuel de 65 ME, un licenciement à 5ME représenterai à lui seul 8% de son budget ! Une dépense intenable pour un club qui a besoin de se renforcer lors du prochain mercato hivernal

Mais Gourvennec à d’ores et déjà planté le décor « Celui qui lâche n’a pas d’orgueil » …