C’est donc terminé pour Gourvennec, finalement désavoué par ses dirigeants: selon l’excellent @girondinfos le club entame ce jour une procédure de licenciement, une situation inévitable comme nous l’annoncions depuis plusieurs jours.

Au delà des résultats catastrophiques, c’est l’incapacité de Gourvennec à proposer des solutions qui est criante. Gourvennec a des principes de jeu, mais c’est tout.
Son expérience bordelaise a démontré ses limites en terme de recruteur, en terme de tacticien, en terme de communication, en terme de meneur d’hommes alors qu’un coach moderne doit cumuler toutes ces qualités pour espérer s’en sortir, à fortiori quand il dispose de moyens limités.

Pourtant, l’histoire était écrite depuis plusieurs mois, en fait depuis l’élimination indigente en barrages de l’Europa League face à Vidéoton, qui est restée en travers de la gorge du coté de l’actionnaire qui avait pourtant (entre)ouvert les cordons de la bourse pour le recrutement de l’été dernier, notamment pour figurer honorablement sur la scène européenne.

Plusieurs événements ont pourtant occulté la réalité sportive des bordelais. A la fin de  la saison dernière, en mai, Gourvennec fait partie des 5 nominés aux trophées UNFP « meilleur entraîneur ». C’est Jardim qui obtient la cocotte en papier, et à Bordeaux on se gargarise de voir son coach faire partie du gotha. Mais on oublie aussi que les 4 derniers matchs de la saison se sont soldés par 4 nuls peu reluisants.

En début de saison 2017-2018, le début de saison est flatteur, à défaut d’être transcendant, avec 4 victoires (contre Metz, Troyes, Toulouse et Guingamp) et 3 nuls en 7 matchs. Les dirigeants paradent, on entend même parler de TOP3 … Puis vient la raclée contre Paris (6-2) où les joueurs semblent plutôt venus faire des photos et récupérer des maillots qu’autre chose. Un nul et 3 défaites plus tard se profile le spectre du match du siècle : le match à domicile contre l’OM, qu’il ne faut perdre sous aucun prétexte. Bilan, un match nul, 40 ans d’invincibilité préservée, record de France, c’est l’essentiel.

Mais même si personne n’ose en parler, Bordeaux glisse au classement. En interne, Gourvennec commence à être contesté. Son entêtement à titulariser Préville en pointe pose question. Les errements de Costil étonnent. Ses choix tactiques surprennent, sa communication sidère…

Jocelyn Gourvennec

Puis survient la crise ouverte de décembre. Si Martin soutien son entraîneur, le directeur technique Ulrich Ramé prend soin de rester silencieux et de ne pas soutenir Gourvennec. Tout le monde est conscient que Gourvennec est dans l’impasse. Lui le premier. Recrutement raté, incapacité à motiver son groupe, incapacité à fournir des solutions…. Personne n’est dupe. On ne se remet pas d’une série de 14 matchs sans victoire et d’une élimination en coupe contre Toulouse et une équipe de 4eme niveau.

Mais Gourvennec est pragmatique : il ne va pas démissionner. Il attendra d’être licencié par le club. Pas anodin. Si Gourvennec démissionne, il dit adieu à à 2 ans 1/2 de contrat à 140.000 euros par mois, soit près de 5,5 millions d’euros, selon l’Equipe … alors Gourvennec se drape dans sa vertu « on bosse dur pour remonter la pente, le groupe travaille bien » et attend que le couperet tombe. Pas très glorieux, mais « la raison l’emporte sur les sentiments » …

Tavernost ne goûte pas vraiment le scénario du licenciement à 5.5 ME (il a déjà dû indemniser Sagnol 18 mois plus tôt) et retarde l’échéance, en espérant un redressement qui n’arrivera jamais. Comme de coutume, un mercato hivernal est décrété pour colmater les brèches et le fiasco du recrutement d’été.

Troyes constituera un énième répit mais la défaite 0-2 face à Caen scellera le désaveu de Gourvennec par ses dirigeants… Clap de fin. Gourvennec entraîneur ressemble étrangement à Gourvennec joueur : éternel espoir, souvent encensé, souvent bon dans les petits clubs ou clubs moyens, mais incapable de franchir le cap quand il s’agissait de faire sa place en Equipe de France ou à l’OM. Peut-être un peu trop intello, un peu trop Bac +5 avec sa maîtrise d’UFR STAPS ?

Tout le monde savait, tout le monde voyait que Gourvennec était dans l’impasse depuis au moins début décembre. Mais aux Girondins, on a attendu encore 1 mois 1/2 et 7 humiliations supplémentaires pour prendre une décision qui était devenue évidente pour tous depuis de nombreuses semaines…