Cet article a plus de 6 années. Il ne concerne pas la saison actuelle. Pensez à le replacer dans son contexte !!!

Et si Bordeaux se préparait déjà à la L2 ? Et si le club avait déjà entériné l’idée de passer une ou deux saisons en division inférieure ? L’hypothèse n’est pas forcément absurde et trouve une résonance particulière si l’on s’appuie sur les propos présidentiels tenus au lendemain de la défaite (3-2) à Toulouse, puis réitérés juste avant la la claque reçue à Gerland (3-1) !

Le 17 septembre, le Président TRIAUD déclarait après le match : «C’est à eux de savoir ce qu’ils veulent faire. S’ils veulent jouer le maintien, descendre en deuxième division ou s’ils veulent essayer de figurer un peu mieux. »

Vendredi 23 septembre, il enfonçait le clou dans une interview donnée à France Football : « L’année dernière, certains joueurs ont trouvé qu’on leur avait mis trop de pression en exigeant, plutôt en souhaitant une qualification pour une Coupe d’Europe, de préférence la Ligue des champions. Alors, cette année, j’ai voulu leur infliger moins de pression en disant qu’on jouait le maintien. Je ne pensais pas être aussi près de la réalité ! »

En trois jours, le président TRIAUD a donc déjà évoqué deux fois la descente… Il est difficile de penser qu’il s’agisse d’un pur hasard, tant la communication du patron bordelais est généralement millimétrée.

DECRYPTAGE :

L’entreprise de démolition des joueurs par les dirigeants bordelais dans les médias depuis le début de la saison « les joueurs sont nuls », « ce n’est pas moi ni l’entraineur qui est sur le terrain », « les responsables sont sur le terrain » montre clairement qui est la cible: il faut renouveler cet effectif en fin de cycle.

Jean Louis TRIAUD

Mais les joueurs de Bordeaux sont sous contrat. Et généralement de bons contrats qui les emmènent jusqu’en 2014 voire 2015 pour certains, signés dans l’insouciance du lendemain du titre de 2009 lorsque tous les indicateurs du club étaient au vert.

Aujourd’hui, l’effectif bordelais, à 2 ou 3 exceptions près est invendable. Quel club voudrait d’un Chalmé dépassé, d’un Planus titulaire à l’infirmerie depuis 15 mois, d’un Jussiè toujours aussi intermittent, d’un Ben Khalfallah qui n’a cadré qu’une fois sur 41 tentatives depuis aout 2010, d’un Bellion qui n’a pas marqué depuis 2 ans, d’un Ciani roi de la gaffe … et à fortiori avec des salaires « de joueurs de C1 » comme se plait à le rappeler Tavernost.

Planus Jussie Bellion

Bordeaux est dans l’impasse avec près de 30 joueurs sous contrat, à peu près invendables. Comment faire alors ? Résilier les contrats ? Non, le club serait obligé de payer aux joueurs l’essentiel des salaires dus jusqu’à la fin des contrats ? Prêter les joueurs ? Oui, mais à qui ? Et si c’est pour payer les 3/4 de leur salaire comme Bellion à Nice en 2010, quel intérêt ? La situation est belle et bien bloquée …

Et si la solution passait par la L2 ?

Et si pour sortir de cette impasse budgétaire, le club envisageait d’ores et déjà une descente en L2 ? Car c’est vrai que la descente en L2 pourrait permettre de diviser la masse salariale par deux, et même de résilier des contrats sans avoir à payer les années restantes ! L’hypothèse est très concevable, l’actionnaire étant plus préoccupé par l’équilibre des comptes du club que par les résultats sportifs.

En effet, en cas de descente, l’article 761 du réglement de la LFP implique une diminution automatique des salaires de 20% et même de 30 à 50% selon le niveaux de rémunération. Les joueurs peuvent accepter ou refuser. Dans ce dernier cas, le joueur est alors libéré sans indemnité. Mais le club se libère d’un engagement contractuel à moindre frais !

C’est là que prennent toute leur dimension les propos répétés de TRIAUD à l’endroit de la descente. Reste que l’exercice est risqué … Lens, Nantes ou Monaco en attestent : il n’est pas facile de remonter parmi l’élite.

Est-ce le dernier argument présidentiel pour tenter de remotiver ses troupes ou une réelle porte de sortie envisagée par les Girondins pour débloquer la situation de l’effectif bordelais ???