Cet article a plus de 3 années. Il ne concerne pas la saison actuelle. Pensez à le replacer dans son contexte !!!

Annoncé comme la « priorité n°1 absolue » pour le poste d’entraîneur par l’actionnaire des Girondins, il nous parait opportun de tirer le portrait de Claude Puel, qui évolue en toute discrétion, dans le championnat depuis 35 ans, d’abord en tant que joueur puis entraîneur.

Monaco, naturellement

Sa carrière d’entraîneur commence à Monaco, en janvier 1999. Il est Champion de France avec des joueurs tels que Ludovic Giuly, David Trezeguet, Marco Simone ou Marcelo Gallardo. La saison suivante se termine par une 11eme place peu glorieuse et il est remercié. Selon ses propos, son éviction de Monaco après 25 ans de carrière reste une des fractures les plus douloureuses de sa vie.

Il rebondit à Lille en mai 2002.

Durant ses six saisons à Lille, il qualifie le club nordiste pour la Ligue des champions à deux reprises, dont un huitième de finale en 2007 contre Manchester United et une victoire historique pour un club français à San Siro contre l’équipe du Milan AC. Le club termine à la deuxième place du championnat en 2005. Au LOSC, Puel fait venir des joueurs qui se sont révélés lors des participations aux coupes d’Europe comme le trident offensif formé par Peter Odemwingie, Mathieu Bodmer et Kader Keita. En défense, il fait venir Éric Abidal, le Grec Tavlarídis, Matthieu Chalmé, Nicolas Plestan ainsi que Jean II Makoun. En plus du recrutement, Puel s’appuie sur des joueurs formés par le club tels Matt Moussilou, Matthieu Delpierre ou encore Stéphane Dumont.

Puel quitte Lille pour Lyon en juin 2008.

Puel devient le manageur le mieux payé de Ligue 1 (plus de 200 000 euros mensuels). Mais devant les septuples champions de France, Puel l’habitué des jeunes n’a jamais mis d’eau dans son vin ou d’huile dans les rouages. Puel joue les pères fouettard de stars lyonnaises, qu’il fait dégringoler brutalement de leur piédestal. Méthode osée mais suicidaire. Après des débuts encourageants, où l’OL est en tête du championnat de France et qualifié pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions, l’équipe lyonnaise sombre peu à peu. Lyon cède finalement le titre 2009, qu’il détenait depuis 2002, aux Girondins mais se qualifie pour le tour préliminaire de la Ligue des champions. Lors de la saison 2009-2010, Claude Puel façonne une équipe selon ses volontés, dépense ainsi 72 Millions d’euros au mercato estival en recrutant Lisandro López, Aly Cissokho, Michel Bastos et Bafétimbi Gomis. Durant la saison 2010-2011, il est de plus en plus contesté, sous pression à la suite du plus mauvais départ de l’Olympique lyonnais depuis 15 ans malgré de lourds investissements.

Il est démis de ses fonctions le 20 juin 2011 par Aulas, pour faute lourde (insubordination). Puel conteste ce licenciement pour faute et entame une procédure aux Prud’hommes dans laquelle il sera débouté, ainsi qu’en appel. L’affaire est aujourd’hui en Cassation.

Claude Puel

Le divorce avec Aulas est un des plus violents que la Lique 1 ai connus et donne lieu à un « Puel bashing » généralisé (organisé ?) : le chroniqueur télé Pierre Ménès (« Avec Puel, on est proche de l’incompétence« ), ainsi que les anciens Brésiliens de l’OL, Cris (« Tous les entraîneurs avec qui j’ai joué m’ont apporté quelque chose, sauf Claude Puel« ) et Fred (« Puel a tout gâché à Lyon« ). Aulas n’est pas en reste (« M. Rivère [de Nice] m’avait demandé de lui décrire notre ex-entraîneur. Si j’avais été négatif à 100%, il ne l’aurait pas pris« )

Aulas et Puel, c’est depuis 2011 une lutte à mort par média et justice interposés : Puel réclame pas moins de 7 Millions d’euros au club Lyonnais.

Après une saison sabbatique, Puel rebondit en 2012 à Nice dans un club au budget de 25 ME.

Sa 1ere saison est extraordinaire, avec une 4eme place. La saison 2013-2014 est moins brillante avec une anonyme 11eme place et Nice jouera avec le feu en 2014-2015 en finissant 17eme. La saison 2015-2016 verra Puel réaliser un coup de maitre en attirant Ben Arfa à Nice. Avec le prêt de Valère Germain de Monaco, il fait la saison parfaite en terminant 4eme ! Malgré ça, son contrat n’est pas reconduit par l’OGC Nice.

Car derrière la façade, il y a un gros contentieux entre le président Rivère et Puel : les enfants Puel. Depuis Monaco, Grégoire puis Paulin Puel suivent leur père à Lille, Lyon puis Nice. Malgré des prestations sportives très discutables, ils obtiennent des titularisations en équipe première, ce qui cristalise les critiques. La situation atteint un point de non-retour en juillet 2015 où le président de Nice résilie au grand dam de son entraineur le contrat de Grégoire Puel qui, depuis, peine à retrouver une place de titulaire au Havre en L2.

Puel est un coach qui a des certitudes. Son parcours parle pour lui. C’est aussi un impénétrable, un ennuyeux, un intransigeant, un inflexible dont il est difficile de connaitre le fond de ses pensées.

Ses résultats en dent de scie laissent songeur. Sur 4 expériences françaises, 2 se sont terminées par un limogeage. Dans le conflit financier qui l’oppose à Lyon, la justice l’a débouté à deux reprises. L’affaire est aujourd’hui en Cassation. Enfin, l’affaire de ses fils est profondément maladroite, il était évident qu’on lui reprocherait _à tort ou à raison_ le conflit d’intérêt.

Est-il fait pour redonner de l’envie (et des résultats) aux Girondins de Bordeaux ?