Poyet est mis à pied et va quitter les Girondins après seulement 8 mois et un bilan indéniablement positif : une remontada inespérée de la 13ème à la 6ème place en championnat et un carton plein en barrages d’Europa League, soit 13 victoires, 2 nuls et 6 défaites en 21 rencontres sous ses ordres.

Simplement, Poyet souhaitait travailler normalement : superviser le recrutement, avoir de la visibilité, des objectifs, un effectif stable. Il n’a pas su / pu / voulu s’adapter aux atermoiements bordelais, au panier de crabe décisionnel du club (directeur technique, président délégué, actionnaire ou tout le monde s’occupe de tout et finalement personne ne décide. Rappelons nous que avant de quitter la direction de la cellule recrutement en mai 2016, Jérôme Bonnissel avait lui-aussi fustigé l’inertie du circuit décisionnel des Girondins.

Laborde : goutte qui a fait déborder le vase

Le départ (rapide) de Laborde pour Montpellier a été le détonateur de cette énième crise entre Poyet et le club. Bien que Laborde soit sur la feuille de match de Mariupol depuis Mercredi, « les dirigeants » ont autorisé ce dernier à partir à Montpellier passer sa visite médicale et signer son contrat jeudi, afin que son transfert soit homologué et qu’il puisse jouer dès samedi avec le MHSC. Sans avoir effectué le moindre entrainement avec ses nouveaux coéquipiers ? Sourire … le transfert de Laborde ne pouvait-il vraiment pas attendre vendredi ? Etait-il impératif qu’il parte jeudi ?
Alors, ce départ précipité de l’attaquant n’était-il pas au final une grenade dégoupillée balancée dans les jambes de Poyet, pour le faire disjoncter ?

Poyet fonctionne à l’anglaise, où le manager général, ou bien l’entraîneur, ont les pleins pouvoirs. C’est eux qui valident le recrutement… à Bordeaux on ne sait jamais qui est RESPONSABLE du recrutement : Ramé, Martin, Tavernost … ou DaGrosa et Jesualdo Ferreira ?

Augusto Poyet

Poyet n’a pas voulu faire de concessions

Pas de vagues au Haillan : on connait la musique. La bourgeoisie bordelaise n’est pas adepte des coups de sang. Pavon qui défonce une porte, Tigana qui déclare « si vous pensez que le problème de Bordeaux c’est Tigana », Sagnol et son « joueur typique africain » ou ses « 35 heures du Haillan » ont été priés de faire leurs valises. Poyet, qui n’a pas sa langue dans la poche et qui fustige le mercato bordelais depuis le mois de juillet prendra donc la même direction.

On remarquera qu’il a fallu attendre 13 matchs sans victoire pour virer Gourvennec. Normal, il était docile et ne se plaignait jamais. C’est bien plus important que le bilan sportif de Poyet ….

Poyet pensait probablement qu’il disposerai du soutien des américains. Visiblement ce n’a pas été le cas …. ou plus simplement, comme DaGrosa n’a pas encore versé un dollar, Tavernost reste le seul maitre à bord. Et, objectivement, il ne pouvait pas conserver un coach qui lui adresse continuellement des reproches.

Bordeaux a donc réussi l’exploit de se compliquer encore un peu plus le début de saison et va devoir digérer un recrutement chaotique, un changement d’actionnaire, un changement d’équipe dirigeante et se trouver un nouveau coach qui devra gérer la baraque en attendant les américains, sans avoir eu son mot sur le recrutement et sans avoir effectué la préparation …