Cet article a plus de 4 ans. Il ne concerne pas la saison actuelle. Pensez à le replacer dans son contexte !!!

Le contrat de Jussie ne sera pas renouvelé. Enfin … sommes nous tentés d’ajouter. Car si l’homme est attachant et d’une incroyable gentillesse, le bilan de ses 9 saisons passées à Bordeaux laissera un souvenir amer. Aux Girondins, l’aspect affectif semble en effet primer sur la logique sportive. Et économique.

En fait, Jussie est un remarquable exemple des largesses du club faites à des joueurs à la valeur sportive incertaine, avec des prolongations de contrat et des revalorisations salariales sans rapport avec leur prestations sur le terrain. Dans la même catégorie, nous avons récemment connu David Bellion ou Mathieu Chalmé, peu ou pas utilisés pendant leurs deux dernières saisons, mais émargeant toutefois autour de 100.000 euros mensuels.

Jussie, c’est tout pareil. Il est arrivé de Lens en Janvier 2007 et il a été très vite surnommé « le joueur en cristal » ou « l’intermittent du spectacle » du fait de ses blessures à répétition ou de sa capacité à être d’une terrible inconstance, génial un jour, transparent le lendemain. Une sorte de José Touré modernisé en quelques sorte. Lens aura récupéré au passage 6 ME d’euros sur son transfert.

En 2010, il connaît son moment d’anthologie lors de la 6ème journée, à domicile contre Lyon. Dans les arrêts de jeu, Bordeaux mène 1-0 quand Jussis récupère au milieu de terrain un dégagement de Lloris, sorti de sa surface. Jussié part dans une série de dribbles dont lui seul à le secret. A 40m du but, il efface Diakhaté, accélère, dribble Toulalan, évite le retour de Lovren et bat Lloris d’un plat du pied gauche. Un but qui accentue la sensation qu’il ne montre son talent que quand il a envie…

Jussie

N’ayant jamais été sollicité par un club extérieur désireux de s’attacher ses talents, n’ayant jamais cherché à relever un autre challenge que celui des Girondins, Jussie a sollicité et obtenu les prolongations de contrat successives aux Girondins, pour arriver lui-aussi à un salaire de l’ordre de 100.000/mois (source: @Girondinfos) depuis 2012 et tirer au final 9 saisons à Bordeaux, pour un total de 30 buts en 200 matchs de championnat, soit une moyenne de moins de 4 par an. Ca ne fait pas rêver pour un 10 Brésilien.

Ces 9 saisons seront interrompues en janvier 2013 par 6 mois de prêt à Al-Wasl, club des Emirats Arabes Unis assorti d’une option d’achat que le club émirati ne lèvera pas. Il faut dire que cette année là, plus que jamais Jussie joue le franc-tireur et choisi ses matchs : 1 but en 6 mois de championnat mais 4 en ligue Europa (sur 6 matchs). Cerise sur le gâteau, il zappe le retour de vacances de Noel (une habitude chez lui) et sort une explication abracadabrantesque : sa mère se serait cassé la jambe en l’accompagnant à l’aéroport ! C’en est trop pour Gillot qui l’écarte du groupe professionnel … s’en suivra le prêt.

De retour de prêt, en juillet 2014, à l’entrainement, Jussie se rompt les ligaments du genou. Une indisponibilité de 6 mois se profile. Au final, il lui faudra 1 an pour se soigner et rejouer. En fin de contrat en juin 2015, le club lui octroie finalement une prolongation d’un an jusqu’en juin 2016 ! Sur la base de quoi ? On cherche encore …. Jussie jouera 449 minutes en L1 en 2015-2016 (aucun but) et 217 en Europa League (1 but).

Au final, les 9 saisons de Jussie aux Girondins auront été une aubaine pour le joueur pour qui les millions d’euros de salaires perçus lui permettront de mettre sa famille à l’abri du besoin sur plusieurs générations. Mais pour les Girondins, Jussie c’est un énorme fiasco sportif et financier de plus. Acheté 6 ME, Jussie vient s’ajouter à la cohorte des joueurs partis libres du club, sans rien rapporter. Sportivement, ses prestations n’ont jamais été à la hauteur de ses émoluments…

Aujourd’hui, Jussie fait l’étonné que le club ne lui ai pas proposé « quelque chose » (une année supplémentaire ?) ni même organisé un pot de départ…. nous on a un peu l’impression que le club lui a déjà offert une année bonus, non ?

Mais effectivement, peut-être qu’un tournant est en train de s’opérer à Bordeaux : privilégier les compétences sportives plutôt que l’aspect affectif envers tous ces « bons gars » comme les appelle le président …