Une vente du club en plein mercato estival, un entraineur viré en plein mercato estival, une incapacité à recruter un numero 9 confirmé, les entraineurs qui se succèdent de plus en plus fréquemment, le psychodrame Henry … une fois de plus, les Girondins s’embourbent dans une situation où l’équipe dirigeante tente de se donner le beau rôle mais apparait totalement dépassée et incapable de peser sur les événements.

Même si ils ne sont pas forcément responsables de tout ce qui se passe actuellement, ils en sont incontestablement à l’origine. Vous savez, l’effet papillon …

Un club structurellement opaque

Avant même le bourbier actuel, la gouvernance du club apparaissait des plus opaque et indéfinie et il a toujours été difficile de savoir qui dirige effectivement le club. Tavernost, Martin voire le toujours omniprésent Triaud … sous couvert de collégialité des décisions, les Girondins souffrent depuis longtemps de cette gouvernance opaque, déjà dénoncée par Bonnissel, quand il était aux commandes de la cellule recrutement.

L’annonce de la vente du club a été le point de départ de la multiplication des rumeurs distillés vers la presse et les réseaux sociaux par « une source interne au club » visant à déstabiliser Poyet « Poyet refuse tous les joueurs qu’on propose » « Poyet ne veut prendre que les joueurs de son agent » … pour terminer avec l’apothéose que l’on connait sur le départ de Laborde provoquant en cascade le limogeage de Poyet, qui n’a jamais été soutenu par la direction actuelle du club.

Poyet parti depuis le 17 aout, aucun joueur n’a signé à Bordeaux depuis cette date. Peut-être que le problème n’était finalement pas Poyet … quelle surprise !

Le nouvel entraîneur

Poyet parti, très vite de nouveaux noms fuitent dant la presse, toujours « selon une source interne au club« . Blanc, Henry, Klinsmann sont cités. On parle même de Wenger au poste de directeur sportif. M6 se découvre subitement des ambitions qu’ils n’ont pas eues depuis 10 ans pour le club. Même les « plans B » font tourner la tête : Ranieri, Conte, Ricardo. Les supporters exultent, la presse bat des mains, Bordeaux va retrouver son lustre d’antan. Henry est officiellement contacté, comme l’avait été Zidane en 2014.
Mais les mêmes causes ont les mêmes effets : Un entraîneur prestigieux, c’est cher, ça veut tout contrôler et disposer d’un confortable budget de recrutement. Evidemment, ils n’ont pas envie de se planter et veulent se protéger.

Henry décline …

Finalement, Henry renonce à venir à Bordeaux. Selon les Girondins, ses exigences et celles de son agent sont « hors normes ». Selon l’entourage d’Henry « il n’a pas obtenu des américains les garanties qu’il souhaitait« . Là, les versions commencent à diverger et l’on comprend la guerre de communication qui s’installe entre les différentes factions :
« Les américains trouvent Henry trop gourmand pour un néophyte » « Les américains veulent garder la main sur le recrutement pour placer des joueurs à eux » « les agents qui gravitent autour de GAPC ont mis un véto à la venus d’Henry ».

GAPC grand méchant loup ?

Depuis l’échec de la venue d’Henry, les réseaux sociaux chargent GAPC de tous les maux « Encore plus radins que M6 » « c’est eux qui bloquent Pedro » « Ils ne veulent pas investir » « Ils ne veulent prendre que des joueurs de leurs agents » et de cibler les « conseillers » de Da Grosa : Alain Yacine, Hugo Varela notamment … Difficile de ne pas voir la main de la célèbre « source interne au club » distillant ses « exclusivités » à des sites ou journalistes qui se paraphrasent.
Mais le jeu des agents n’est pas nouveau ! Sans direction sportive depuis 2006, Bordeaux est un des terrains de jeu favori des agents, au rythme des entraîneurs du moment : Stéphane Courbis à l’époque Sagnol, Jean-Pierre Bernès sous l’ère Gourvennec, Varela pour Poyet. De tout temps, à Bordeaux, l’agent du coach a plus ou moins fait office de directeur sportif, tout le monde le sait.

Tavernost DaGrosa Martin

M6 se donne le beau rôle

La constante de toute cette chienlit, c’est que M6 a le beau rôle. L’actionnaire actuel qui n’a pourtant pas brillé par son ambition ou sa capacité à savoir bien recruter ces dernières années et qui a cramé 3 entraineurs en 24 mois, n’en fait-il pas un peut trop pour se donner le beau rôle ?
M6 sort Henry du chapeau à 5 jours de la fin du mercato. M6 se positionne sur un attaquant (Pedro) à 17 ME, une somme jamais dépensée par le club sur un joueur depuis 10 ans, M6 balance les noms de Blanc, Klinsmann, Ranieri, Conte ou qu’ils seraient prêts à payer la moité du salaire de Henry… Mais alors pourquoi ne pas l’avoir fait plus tôt ? Pourquoi avoir pris Poyet l’inconnu en janvier dernier ? C’est un peu cousu de fil blanc …

Dallas, sur fond de gros sous

A l’arrivée, on assiste bien au bras de fer que se livrent GACP et M6 sur fond de négociations finales pour la cession du club. D’un coté GACP qui veut payer le moins cher possible et ne pas se faire imposer de coûteux engagements 1 mois avant de prendre les commandes de l’avion, et de l’autre M6 qui veut tirer le maximum du club pour renflouer ses caisses creusées par le déficit récurrent des Girondins tout en se donnant une image d’actionnaire soucieux de l’avenir du club, …. peut-être dans l’hypothèse où ils devraient finalement rester plus longtemps que prévu ?

Dernier épisode en date dans cette guerre d’influence : l’annulation par Joe DaGrosa du rendez-vous qu’il avait le 27 août avec Juppé pour parler du loyer du stade. Histoire de rappeler que dans le business, celui qui mène la danse c’est celui qui paye, pas celui qui vend…