Bordeaux et les attaquants, c’est compliqué depuis presque 8 ans… en fait, hormis en 2011-2012 (Gouffran – 14 buts) et 2014-2015 (Rolan – 15 buts), les Girondins n’ont pas eu de buteur capable de marquer 10 fois au cours d’une saison complète de championnat…

Cette année, la saison se présente avec un Rolan sur le départ, Laborde et Mendy pour occuper le front de l’attaque bordelaise. A moins d’un départ de Rolan d’ici la fin du mercato, il n’y aura pas d’autre recrue en attaque. Et encore, même en vendant Rolan, ce sera compliqué de trouver une pointure à quelques jours de la fin du mercato.

Pourtant, les Girondins avaient de bons attaquants… pourquoi les avoir laissé partir ?

Anthony Modeste (2010-2013) : Recruté pour remplacer Chamakh, Anthony Modeste sort d’une saison de L2 à 20 buts avec Angers. Il marque à 10 reprises en 2010-2011 avec les Girondins. La saison suivante, peu utilisé il ne marque qu’à 3 reprises avant d’être prêté à Blackburn Rovers. La saison suivante, Gillot ne lui garantit pas d’être titulaire. Modeste demande à être prêté et jouera à Bastia où il marquera à 14 reprises. Malgré ses résultats, Gillot ne lui accorde toujours pas sa confiance. Modeste sera alors transféré en Allemagne, à Hoffenheim (indemnité de 3 ME) où il marquera 12 buts la 1ere saison puis 7 buts la saison suivante. En 2015, il part à Cologne où il marque 15 buts en 2015-2016 puis 25 buts en 2016-2017 finissant 3eme meilleur buteur de Bundesliga.

Anthony Modeste

Cheick Diabaté (2009-2016) : Cheick c’est l’enfant terrible des Girondins, l’Ibrahimovic du pauvre. Entre 2011 et 2016, c’est entre 8 et 12 buts en championnat chaque année, malgré des blessures à répétition qui l’empêchent de jouer plus de 20-25 matchs chaque saison. En fin de contrat en 2016, Jean-Louis Triaud refuse de prolonger son contrat, au motif qu’il ne « joue qu’à mi-temps » du fait de ses blessures fréquentes. Diabaté s’engage avec Osmanlispor qui le prête à Metz en décembre. En 11 matchs, il marquera 6 buts pour les lorrains…

Cheick Diabaté

Emilano Sala (2011-2015) : Issu du centre de formation argentin des Girondins « Proyecto Crecer », Emiliano fait des débuts prometteurs. Prêté en National à l’US Orleans lors de la saison 2012-2013 il marque à 19 reprises. La saison suivante, il est à prêté à Niort (L2) et marque à 18 reprises. La saison 2014-2015 voit ses débuts en L1 aux Girondins. Mais Sagnol ne lui fait jouer que des bouts de matchs. En 11 apparitions, Emiliano ne marquera qu’une fois. En décembre, il est prêté au SM Caen où il marquera 5 fois en 13 rencontres. En 2015, il s’engage avec le FC Nantes (indemnité 1 ME). Il marquera 6 fois en 31 matchs mais c’est en 2015-2016 qu’il explose, avec 12 réalisations en 33 apparitions.

Emiliano Sala

Enzo Crivelli (2013-2016) : Pur produit du centre de formation des Girondins, Enzo passe par toutes les étapes et s’illustre notamment lors de la Coupe Gambardella 2013 remportée par les Girondins 1-0 face au Paris FC … sur un but d’Enzo Crivelli.  Il fait des apparitions régulières en L1 à partir de 2014. En 2015-2016, en 29 apparitions il marquera seulement 3 fois. Gourvennec ne comptant pas sur lui, il sera prêté à Bastia pour la saison 2016-2017 et marquera à 8 reprises en 19 apparitions sous la tunique corse. Ne souhaitant pas un rôle d’outsider à Bordeaux, il s’engage avec le SCO Angers définitivement pour la saison 2017-2018 (indemnité 4 ME).

Enzo Crivelli

Voici donc 4 exemples de buteurs en lesquels les Girondins n’ont pas su ou voulu donner confiance et qui s’épanouissent pour le plus grand bonheur de leur nouveau club. Ces dernières saisons, si Bordeaux avait su mettre en confiance Modeste ou conserver Diabaté, les Girondins auraient sans le moindre doute mieux terminé au classement. Comment a-t-on pu recruter un Kiese-Thelin ai lieu de faire confiance à Sala qui enfilait les perles en L2 ? Comment a-t-on pu amener un Crivelli à ne plus vouloir jouer pour les Girondins ?

Surtout pour finir avec un Diego Rolan qui semble plus préoccupé à jouer les stars sur les réseaux sociaux qu’à marquer pour son club… les arcanes de la politique sportive des Girondins restent toujours aussi opaques…