Le contrat de Cédric Carrasso n’a pas été prolongé par les Girondins. Depuis plusieurs semaines, l’ancien portier des bordelais s’épanche dans la presse en se déclarant trahi, floué, cocu, blessé … tout un florilège d’arguments sentimentaux pour faire pleurer dans les chaumières et accréditer la thèse de la « victime » des méchants dirigeants bordelais.

Mais il ne faut pas être dupe : Si l’argument sentimental peut exister, le foot professionnel reste avant tout un gros business où joueurs, agents et clubs brassent des millions d’euros… Avec un salaire 2016-2017 estimé à 140.000 euros mensuels, Cédric Carrasso restait une des joueurs bordelais les mieux payés, au delà du million et demi d’euros annuels. La non reconduction de son contrat signifie AUSSI pour lui la perte de ce salaire, même si ce point ne sera jamais abordé publiquement par le joueur. C’est de bonne guerre, mais ça reste un point majeur.

Essayons donc d’y voir plus clair, avec des éléments plus factuels…

Cédric Carrasso a fait une excellente saison 2016-2017, c’est indéniable, sans doute à remettre aussi dans le contexte de la bonne défense bordelaise qui a concédé moins d’occasions aux adversaires que lors des précédentes saisons. Mais lors de première partie de la saison 2015-2016, avant sa rupture des ligaments, il était un des portiers les moins efficaces du championnat. Tout le monde avait noté son surpoids notoire, qui n’a d’ailleurs peut-être pas été sans effet sur sa grave blessure de janvier 2016. Nombreux étaient également ceux qui soulignaient sa timidité dans les airs…

Enfin, Carrasso a été souvent contraint de passer par la case infirmerie depuis deux saisons. Avec seulement 44 matchs de championnat joués depuis 2015, il a manqué environ 40% des rencontres de Ligue 1. Pour rappel, en 2009, Ramé n’avait pas survécu à une saison perturbée par les blessures (26 matchs de championnat en 2008-2009). Déjà, le recrutement en catastrophe de Bernardoni l’hiver dernier, censé pouvoir postuler à un statut de titulaire, avait indiqué le sens de l’histoire : le club envisageai déjà l’après Carrasso.

Malgré tout, Carrasso n’a pas voulu voir la situation. Il a répêté que ses performances le plaçaient dans un rôle de titulaire, avant d’infléchir son discours, évoquant la possibilité « d’encadrer un jeune gardien » puis en toute fin de saison « accepter d’être numéro 2 ».

Le recrutement de Costil, international et libre, constituait une opportunité majeure pour le club, qui avait acheté Carrasso 8 ME au TFC en 2009. International, bons dans les airs et au pied, Costil était clairement le « bon plan » de l’été avant qu’un autre club ne le chipe. Expérimenté, il présente des garanties sportives que ni Prior ni Bernardoni ne pouvaient apporter. Mais pour le club, il semblait difficile de pouvoir assumer deux salaires élévés au niveau des gardiens. Et que faire de Prior et Bernardoni si le club avait gardé Carrasso en numéro 2, sachant que derrière la relève pousse déjà avec Over Mandanda et Gaetan Poussin …

Ulrich RAME

L’affaire Carrasso est une illustration de la reprise en main du club : fini les prolongations paternalistes façon Bellion, Jussie, Maurice-Belay … terminant leurs carrière en tribune, sur le banc ou à l’infirmerie avec des salaires à 6 chiffres. Il faut sans doute également voir dans cet épisode la patte d’Ulrich RAME, démontrant une véritable anticipation du club sur le poste de gardien, à laquelle il faut ajouter la probable nomination de celui qui a achevé la formation de Prior, Poussin et Mandanda en remplacement de Franck MANTAUX, au poste d’entraîneur des gardiens accréditant l’idée qu’une véritable direction sportive est en train de se mettre en place à Bordeaux …