Cet article a plus de 7 ans. Il ne concerne pas la saison actuelle. Pensez à le replacer dans son contexte !!!

Bravo ! Bordeaux obtient son meilleur classement depuis 2 saisons en décrochant une 5eme place européenne (enfin, les barrages de la Ligue Europa) que bien peu estimaient accessible en début de saison…

Relégables à l’automne, les Girondins ont réalisé une excellente seconde partie de championnat leur permettant d’accrocher l’Europa League, dont il disputeront la phase des barrages. De la 19eme à la 38eme journée, Bordeaux a glané 38 points faisant sensiblement jeu égal avec Lille (39 pts) et devançant largement Lyon (29 pts) ou Marseille (20 pts) sur la même période. L’exploit est d’autant plus méritoire que lors de la phase aller, les Girondins n’avaient pris que 23 points…

Le scénario de 2010 s’est donc ré-écrit à l’envers, avec une phase aller ratée et une phase retour sur les chapeaux de roues. Quelles enseignements peut-on donc tirer de cette _finalement_ heureuse saison ?

Francis Gillot

1 – Le management humain de Gillot enterre celui de Tigana.
Les méthodes d’adjudant-chef de Tigana avaient braqué une bonne partie du vestiaire. Gillot, avec sa diction de maniaco-dépressif chronique a malgré tout réussi à ressouder son groupe autour de son projet, tout en balançant quelques scuds sanglants « il faudra faire partir les mauvais », « on n’a pas le niveau »

2 – Le recrutement de l’ère Gillot atomise celui de Tigana
Obraniak, Mariano, Maurice-Belay et Nguemo enterrent à plates coutures Ben Khalfallah, Modeste, Savic et Maazou… pour un budget global de recrutement sensiblement équivalent (6ME).

3 – Le management sportif de Gillot a apporté des réponses
Gouffran repositionné à son véritable poste, la défense à 5, l’éviction de Chalmé, Bellion ou FBK ont apporté de véritables solutions sportives au groupe… et passablement écorné la gestion passée de ces mêmes joueurs.

4 – Gillot ne se prend pas pour une Diva
Gillot n’a jamais fait de son passé ou de son avenir un élément de justification de son discours. Le contraste est frappant avec le discours de Tigana « Partout où je suis passé j’ai réussi » ou de Blanc « Je ne ferai pas ce métier très longtemps ». Gillot est avant tout un éducateur, avec des méthodes et une capacité d’adaptation que n’avaient pas ses prédécesseurs et refusant de tomber dans le syndrôme de l’affect, sur lequel avait notamment joué Blanc.

5 – L’erreur de casting absolue s’appelle Tigana
Exhumé de sa retraite sportive par les Girondins, Tigana a été celui qui a avivé les plaies d’un groupe plutôt que de les soigner. Avec ce choix, Bordeaux a perdu non-seulement une saison, mais aussi de la crédibilité. Saura-t-on un jour le nom du génie qui l’a choisi ?

6 – Une bouffée d’air financière et sportive
La 5eme place et la qualification pour l’Europa League devrait rapporter 4 à 6 ME aux Girondins si ils passent les barrages de l’Europa League. Ce n’est pas le Pérou mais ça permettra d’éviter le pire et peut-être de retenir les (bons) joueurs qui auraient été tentés d’aller voir ailleurs ou d’en attirer quelques autres…

Jean-Louis TRIAUD

7 – Bordeaux s’évite une crise ouverte
Echappant au sort des autres « historiques » relégués comme Metz, Nantes, Lens, Monaco et aujourd’hui Auxerre (qui participa à la C1 en 2010) Jean-Louis Triaud ne va pas manquer de claironner qu’il ne s’est « jamais inquiété » et tirer la couverture à lui. Pourtant, chaque fois, ces clubs « historiques » sont descendus à cause d’erreurs de recrutement, de management, de communication. Et de gestion à l’ancienne. Et force est de constater que l’on a vu beaucoup de ces ingrédients dans le Bordeaux 2011-2012…

8 – Tous les problèmes ne sont pas réglés
La question des « long contrats qui ne jouent pas » n’est pas réglée. Bellion est toujours sous contrat jusqu’en 2014, tout comme Chalmé, FBK, Traoré … Conserver ces joueurs qui ne jouent pas pèse lourdement sur la masse salariale et s’en séparer ne sera pas chose aisée. FBK, par exemple, a indiqué vouloir aller jusqu’au bout de son contrat bordelais ! Il ne suffit pas de bien recruter pour faire de bonne opérations, il faut aussi savoir bien vendre… Verra-t-on la création d’un « cellule revente » qui officiera aux cotés de la « cellule recrutement » des Girondins ?

Face à un classement final que la plupart des observateurs, même au sein du club, considéraient « inaccessible » (cf. Gillot le 13/04/2012 sur le site officiel), Bordeaux s’offre donc un moment de bonheur certes mesuré, mais qui permettra de laisser à l’OM les aléas d’une intersaison agitée !