Les belles heures des Girondins se confondent avec la présence de coachs d’expérience et de succès, alors que les périodes sombres coïncident avec des coachs que l’on peut qualifier de coachs de la loose…

Pour être un coach de la loose, il faut entrer dans (au moins) une de ces catégories : n’avoir aucun palmarès, ne pas avoir d’expérience du haut niveau, avoir sombré dans l’oubli collectif, avoir été virés de plusieurs clubs ou sélections, être abonné au bas des classements.

Par opposition, les « winners » : ont donné un/des titres à Bordeaux, ont eu une carrière reconnue dans la durée, ont entraîné des clubs de haut de tableau, ont effectué des recrutements gagnants…

Coachs winners des Girondins

Durant les années Bez, le succès des Girondins est à mettre au crédit d’Aimé Jacquet, dont tout le monde sait qu’il emmènera cette génération au sacre mondial. Les années Afflelou sont marquées par le passage de Courbis qui, sans signer de titre, contribue à ancrer le club dans le top 5 francais. Il y aura ensuite la période Baup, l’adjoint devenu patron et qui constitue un peu l’anomalie de la liste. Il offrira notamment un titre de champion à Bordeaux, avant de se faire débarquer. Ricardo, ex-PSG, ramènera le club en C1 et constituera l’ossature de l’équipe championne de France en 2009. Laurent Blanc ne se présente plus, tant à travers le boulot effectué à Bordeaux qu’au PSG depuis.

Et au milieu de tous ces « winners » qui ont ancré Bordeaux dans les succès ou au moins dans des phases positives, on retrouve une palanquée de « coachs de la loose »… Parmi ces « coachs de la loose », on peut citer Slavo Muslin, Gernot Rohr, Michel Pavon, Toni, Eric Guerit ou Guy Stéphan …. plaçant les Girondins dans des situations délicates. Tous ces entraîneurs ont pour point commun de collectionner les limogeages pour absence de résultats, que ce soit à la tête de divers clubs ou de sélections improbables. Tous ont disparu des radars de l’élite, à l’exception de Guy Stéphan devenu sherpa de Deschamps en Equipe de France, mais sans la moindre réussite en tant qu’entraîneur.

Alors c’est sans doute un peu facile de distribuer les bons et les mauvais points après-coup … mais on a beau tourner le problème dans tous les sens, on a quand même l’impression de ré-écrire l’histoire à chaque coup. En prenant des coachs venus du tréfond des classements ou sans palmarès, les chances que ça fonctionne sont minces…

Et depuis 2010, les Girondins semblent s’être abonnés à la catégorie des « coachs de la loose » :

Jean Tigana

  • Jean Tigana : Joueur brillant, mais coach controversé. Un titre hexagonal en 1997 avec Lyon puis un parcours anonyme à Fulham et Besiktas. Retraité depuis 2007, il est exhumé de son domaine viticole en 2010 par Tavernost. Fâché avec tout le monde et en procès avec la moitié de la terre … il n’arrivera à rien avec les Girondins avant de démissionner en mai 2011. Depuis, à part une expérience (ratée) de 4 mois au club chinois Shanghai Shenhua, c’est à nouveau la retraite sur son domaine viticole de Cassis.

Francis Gillot

  • Francis Gillot : Francis Gillot, c’est le grand maniaco-depressif venu du nord. Sa carrière de coach, c’est Sochaux et Lens. Enfin, pas le grand Lens, plutôt le Lens en perdition des années 2005-2007 qui amènera la première descente en L2. Avec Sochaux, c’est en permanence la lutte pour le maintien, sauf en 2010-2011, où le club réalise une très belle saison et termine à la cinquième place du championnat, séduisant les dirigeants Girondins. Après l’aventure bordelaise, pour lui aussi ce sera le Shanghai Shenhua, pour une saison. Depuis, c’est le chômage.

Willy Sagnol

  • Willy Sagnol : Son principal fait d’arme : avoir généré la polémique sur le « joueur africain typique ». Ephémère sélectionneur des jeunes, il n’a aucune expérience en club mais se prévaut de la « rigueur germanique acquise au Bayern ». La première année bordelaise sera en trompe-l’oeil avec une qualification en Europa League avec l’aide du PSG auteur du doublé Coupes-Championnat. D’ailleurs, Bordeaux perdra tous ses matchs de poule. Remercié au printemps 2016, pour lui aussi c’est le chômage depuis cette date.

Les trois derniers coachs bordelais peuvent assurément être qualifiés de « coachs de la loose » et rejoindre la cohorte des autres entraîneurs sans envergure recrutés par les Girondins. Outre leur absence de résultats dans l’élite, ces trois entraîneurs ont en commun d’être de piètres recruteurs. Aucun d’entre-eux n’a été en mesure de recruter la moindre pépite. Pire, Gillot s’est séparé de Krychowiak et de Modeste qui, aujourd’hui brillent sur la scène continentale…. Loose, quand tu nous tiens …

Jocelyn Gourvennec

Reste l’énigme Jocelyn Gourvennec … Il encore est difficile aujourd’hui de le positionner avec certitude, même si son passé (DH, Ligue 2 et Guingamp en Ligue 1) le défini plutôt du coté des « coachs de la loose ». Les esprits taquins relèvent déjà que le Guingamp de Gourvennec a terminé 16eme en 2015-2016 alors que le Guingamp de Kombouaré (qui a pris sa suite en Bretagne) caracole fin octobre 2016 à la 4eme place, à 5 longueurs devant Bordeaux. Ajoutons le triste épisode « Prior sera le number One« , les recrutements peu convaincants de Ménez / Toulalan, ses déclarations 100% langue de bois et on a du mal à trouver _ pour le moment_ des arguments pour faire pencher la balance du coté des Winners.

Laissons donc un peu de temps au temps…